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    Les réserves mondiales de pétrole, de gaz, de charbon et d´uranium

    July 5th, 2009

    La consommation mondiale d´énergie

    L´inégalité dans la consommation d’énergie au niveau mondial est grande. En 2005 par exemple, les pays industrialisés ont consommé beaucoup plus d’énergie que les pays en développement. Ainsi, pour la même année, les 30 pays membres de l´Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) ont consommé environ 5200 Mtep(1) d’énergie primaire commercialisée sous toutes ses formes, alors que le reste du Monde n’en a consommé que 5540 Mtep. En 2005, par habitant, les États-Unis ont consommé en moyenne 8.5 tep, la France et l´Allemagne respectivement environ 4.3 tep et 4.2 tep, la Chine 1.3 tep et l’Afrique, dans son ensemble, 0.4 tep. La moyenne mondiale était de 1.8 tep par habitant en 2005.

    Encore en 2005 près de deux milliards de personnes sur Terre, soit un tiers de la population mondiale, n’avaient toujours pas accès à une quelconque forme d´énergie commerciale, autre que la biomasse traditionnelle.
    Pour autant l´objectif à atteindre reste celui du développement durable.
    Le «développement durable» est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. C´est-à-dire: pour être durable le développement doit concilier trois (3) éléments majeurs: l´équité sociale, la préservation de la nature et l´efficacité économique.

    Photo: Une brûlante «red hot» pièce de monnaie dans des flammes bleues du gaz naturel, une métaphore de gaspillage de l’énergie, d´argent et de destruction de l’environnement. Hugo de Wolf, Hollande. 

    Qu´en est-il pour les réserves mondiales prouvées de pétrole, de gaz et de charbon?

    Réponse: Les estimations des réserves mondiales d’énergie varient en fonction des découvertes, de l’évolution des techniques et de l’économie qui rend plus ou moins rentable l’exploitation des gisements. Situation des réserves mondiales prouvées (donc exploitations économiquement rentables) voir Tableau 1, ci-dessous. 
    (*)… ressources raisonnablement assurées, récupérables d´uranium jusqu´à 130 US$/kg U. Source: European Nuclear Society.

    Le pétrole

    Le pétrole constitue avec le charbon la source d´énergie la plus utilisée au monde. Le pétrole est majoritairement utilisé dans les transports et la plasturgie. On distingue deux (2) principales sortes de pétroles: le pétrole «conventionnel» et «non conventionnel».

    Le pétrole «conventionnel» ou «normal», désigne un liquide composé principalement de molécules d’hydrocarbures (molécules constituées uniquement de carbone et d’hydrogène). Ce pétrole «conventionnel» contient également, en proportions assez variables (15 % en moyenne), des molécules lourdes plus complexes (incluant de l’oxygène, de l’azote et du soufre) appelées résines ou asphaltènes. Ce pétrole est extrait par pyrolyse du kérogène concentré dans un réservoir sous le sol. Son extraction consomme, en moyenne, quelques pour-cent seulement de l’énergie qui sera disponible dans l’huile extraite. Son exploitation est donc relativement moins coûteuse.

    – Le pétrole «non conventionnel», plus vieux que le pétrole «conventionnel», est constitué de:

    • sables bitumineux et des huiles extra-lourdes, qui correspondent aux poches où le pétrole formé a perdu ses éléments volatils
    • schistes bitumineux, qui désignent un mélange de roches et de kérogène qui n’a pas subi de pyrolyse. Il s’agit de combustibles fossiles qui n´ont pas achevé leur genèse.

    Le pétrole «non conventionnel» correspond à des produits «pâteux», voire solides, et souvent mélangés à la roche avec une proportion minoritaire pour la partie organique. Son extraction demande quelques dizaines de pour-cent de l’énergie qui sera fournie par le «pétrole» extrait. Ce sont des gisements dont l´exploitation est beaucoup plus difficile et coûteuse que le pétrole «normal».

    1. Les réserves mondiales prouvées de pétrole

    Selon l´«Energy Information Administration» (EIA) les réserves mondiales prouvées (donc commercialement exploitables) de pétroles, voir Diagramme 1, s´élèvent à 1343 milliards de barils, dont 746 milliards de barils, soit 56% , sont concentrés dans la seule région du Moyen-Orient. L´Afrique détient environ 9% des réserves mondiales prouvées de pétrole. Mais l´inventaire des réserves de pétrole dans le sous-sol et les côtes océaniques du continent africain reste de loin non-exhaustif. Le Nigéria est détenteur de près de 37 milliards de barils de réserves pétrolières prouvées et reste ainsi l´un des principaux acteurs stratégiques dans le domaine de l´énergie en Afrique. Mais d´autres acteurs importants comme le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Ghana, etc. pourraient faire irruption sur le marché du pétrole en Afrique de l´Ouest. Ceci ouvre de bonnes perspectives économiques pour la sous-région sous condition naturellement d´une gestion efficace de cette ressource stratégique. 

    2. Le pic pétrolier

    Un pic pétrolier désigne le sommet de la courbe qui caractérise la production pétrolière d’un puits ou d’un champ pétrolier; le «pic pétrolier mondial» (Peak Oil) désigne le moment où la production mondiale de pétrole commencera à décliner du fait de l’épuisement des réserves de pétrole exploitables. Voir les travaux du géologue Marion King Hubbert dénommés Hubbert´s Peak.

    Les principes généraux qui expliquent l’existence d’un pic pétrolier mondial sont les suivants:

    • Le pétrole est une ressource limitée, qui ne se renouvelle qu’à une échelle de temps géologique. Il est le produit de la décomposition de matière organique qui s’est accumulée puis transformée sous de fortes pressions sur des périodes s’étalant sur plusieurs millions d’années.
    • Une partie importante de la planète a été déjà prospecté et les découvertes de nouveaux gisements de grande envergure, y compris de pétrole «non conventionnel», deviennent rares. Les dernières grandes découvertes remontent aux années 1970 (Alaska, mer du Nord). Depuis des découvertes continuent à être faites mais elles portent sur des volumes beaucoup plus faibles, inférieurs à la production depuis le début des années 1990.
    • Le pétrole «non conventionnel», malgré les énormes réserves disponibles (schistes bitumineux, pétrole extra-lourds), ne pourra pas prendre le relais du pétrole «conventionnel» car la capacité de production même à long terme est limitée par plusieurs facteurs: nécessité de lourds investissements et de volumineux entrants comme l´énergie, complexité des processus de transformation.

    Les énergies renouvelables

    Les énergies renouvelables, comme le solaire, le bois, l’éolien, l’hydraulique et la géothermie sont en théories disponibles à l´infinie, mais leurs exploitations peuvent se heurter à des limites, notamment de rentabilité économique, d´esthétique du paysage naturel, d´usage des sols, etc.

    Rémarque

    En 2007, seulement les quelques pays membres (3) de l´Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), ont concentré 76% des réserves mondiales prouvées de pétrole. Aussi, ce groupe de pays a détenu en 2006 près de 50% des réserves mondiales prouvées de gaz. Ce bref aperçu en chiffres montre toute la dimension de l´importance stratégique de l´OPEP sur la scène mondiale de l´énergie. Aussi, à part les pays africains au sud du Sahara (le Gabon, le Nigéria, l´Angola), les autres pays membres de l´OPEP ont su lancé et financé avec les revenus du pétrole et du gaz de vastes programmes socio-économiques au bénéfice de leurs populations. Ces deux (2) faits les érigent aussi au rang de marchés importants pour l´écoulement des biens d’équipements et de consommation en provenance des pays industrialisés. Du coup certains de ces pays, comme l’Arabie Saoudite, sont aujourd’hui des puissances politico-économiques capables d’influencer le destin de l’humanité. 

    Comme indiquer plus haut, des indices crédibles sur l´existence d´importantes quantités de pétrole commercialement exploitables au Mali et ailleurs en Afrique de l´Ouest sont signalés. S’ils se confirmaient, cela ouvrirait à l´évidence de bonnes perspectives économiques pour la sous-région. Bien entendu que le choix d´un système cohérent de «management» du business du pétrole basé sur le traitement et le raffinage sur place du pétrole brut sera le préalable indispensable à tout succès durable pour ce domaine.

    Pour des réserves mondiales prouvées de 1343 milliards de barils et une consommation mondiale d´environ 93 millions de barils/jour ces réserves de pétrole représenteraient aujourd’hui environ une quarantaine d’années de consommation. La consommation mondiale de pétrole était d´environ 85 millions de barils/jour en 2008. La raison et le secret d´état autour du pétrole constituent des sources d´incertitudes majeures sur l´exactitude des données disponibles sur les réserves mondiales de pétrole. Autour de la gestion de cette ressource stratégique de première importance règne l´opacité presque absolue. C’est donc ainsi depuis plusieurs dizaines d’années que la fin imminente de l´ère du pétrole est matière de spéculation des plus effrénées. Cela signifie que, jusqu’à aujourd’hui, on a pu remplacer le pétrole consommé par de nouvelles réserves (découvertes de l’exploration, amélioration de la récupération dans les gisements, augmentation du prix du pétrole qui rend économique le développement de gisements de pétrole coûteux). Nous sommes quand même aujourd´hui à un tournant. L’exploration de nouveaux gisements n’est plus capable à elle seule de renouveler les réserves. Même si l’on peut encore compter sur une amélioration des récupérations, le pétrole viendra à s’épuiser. Mais avant cet épuisement, dans l’immédiat, c’est-à-dire d’ici 25 ans pour les plus optimistes, la menace est celle de pénuries: l’offre ne devrait plus être capable de répondre à la demande toujours croissante: on aura atteint le pic de Hubbert pour le pétrole. L’après pétrole mais aussi celui du charbon(4) nous concerne donc dès aujourd’hui. C’est trouver des énergies de remplacement pour réserver le pétrole qui nous reste à des utilisations «judicieuses» (fabrication des plastiques, des fibres synthétiques, etc.). Et surtout faire d’importantes économies d’énergie, en particulier dans les pays grands consommateurs d´énergies comme les Etats-Unis d´Amérique. 


    (1)…  Mtep: Megatonne d´équivalence pétrole = 1 000 000 de tonnes d´équivalence pétrole (= 1 000 000 tep). Le joule ou la tonne d’équivalent pétrole (tep) est utilisé pour comparer des formes d’énergie différentes. Le pétrole brut est usuellement comptabilisé en barils (symbole bl); un baril est égal à 159 litres, soit en moyenne 0,126 tonne (inversement une tonne de pétrole brut vaut en moyenne 7,33 barils)
    (2) … Donnée datant de 2003
    (3) … Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Equateur, les Emirats Arabes Unis, Gabon, Indonésie, Irak, Iran, Koweït, Libye, Nigéria, Qatar, Venezuela.

    (4) … L´ère du charbon, comme source d´énergie à la base de la révolution industrielle du XIXème siècle, pourrait être pour longtemps révolue!