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    L´eau, un enjeu géopolitique majeur

    August 9th, 2009

    «Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource», a déclaré le Directeur général de l´UNESCO, Koïchiro Matsuura en commentant le nouveau rapport des Nations Unies «Water in a changing world».

    eau, composé chimique presque présent partout dans notre environnement, est essentielle pour les organismes vivants. Le corps humain est ainsi composé à 65 % d’eau pour l’adulte, 75 % pour les nourrissons et 94% chez les embryons de trois (3) jours. L’eau se trouve en général dans son état liquide et possède à la température ambiante(1) des propriétés uniques. Elle possède par exemple la propriété de solvant efficace pour la plupart des corps solides.

    Près de 70 % de la surface de la Terre est recouverte d’eau, essentiellement sous forme d’océans. Cette eau est composée de 97 % d’eau salée et seulement 3 % d’eau douce dans différents réservoirs. Mais l’eau est aussi présente sous forme liquide, gazeuse (vapeur d’eau), et solide (la glace est de l’eau à l’état solide). L´eau est présente dans les zones humides (tourbeuses, marécageuses), dans les mers et océans, dans les lagunes, lacs, étangs, mares, fleuves, rivières, ruisseaux, dans les canaux, réseaux de fossés et ouvrages de drainage pour dessèchement de bas-marais, dans les zones humides ou inondables situées en plaines maritimes sous le niveau des hautes mer ou comme eau interstitielle du sol. La circulation de l’eau au sein des différents compartiments terrestres est décrite par le cycle naturel de l’eau(2), voir graphique ci-dessous.

    En tant que composé essentiel à la vie, l’eau est un produit économique et un élément majeur de l´environnement. Elle a une importance vitale pour l’Homme et constitue un enjeu géopolitique majeur. L´eau est communément acceptée comme source de vie et aussi considérée comme «objet de culte» depuis les origines de l’Homme.

    Le cycle naturel de l´eau
    Le cycle naturel de l’eau (voir schéma ci-contre. Source: United States Geological Survey, 1996) est l’échange continu de l’eau entre l´hydrosphère(3), l´atmosphère, l´eau des sols, l´eau de surface, la nappe phréatique, et les plantes. Ce cycle peut se résumer en trois (3) étapes essentielles:

    l´évaporation
    la condensation
    la précipitation

    » Sous l’action du soleil (de la chaleur), l´eau des océans s´évapore et passe à l´état gazeux (vapeur), plus léger, et s´élève dans l´atmosphère.
    » Au contact de l´air froid dans l´atmosphère, cette vapeur se condense et se transforme en nuages.
    » Les courants d’air entraînent ces nuages vers la Terre. Dans l´atmosphère terrestre les particules de nuage se heurtent, s’amoncellent et retombent sous forme de précipitations liquides (pluie) ou solide (neige, grêle) vers la Terre.

    Les formes, le volume approximatif et la répartition de l´eau sur Terre

    Le volume total d´eau sur terre est d´environ 1.386 milliards de km3 dont environ 97 % est saline. L´eau douce est à plus de 68 % dans la glace et les glaciers. Environ 30 % de l´eau douce se trouve dans le sol. Les sources d´eau douce de surface, comme les rivières et les lacs, totalisent 93100 km3, ce qui représente 0.0067 % de la quantité totale de l’eau sur Terre. Cependant, les rivières et les lacs sont les sources de la plupart de l’eau qui est utilisée par les hommes tous les jours.
    Tableau 1: Formes, volume et répartition de l´eau sur Terre. Source:
    United States Geological Survey, 1996
    ed) … Part d´eau douce 

    Le cycle de l´eau n´a pas de point de départ exact. Mais l´évaporation des eaux océaniques peut être supposée comme point de départ du cycle naturel de l´eau. Le schéma ci-dessous n´est qu´un enregistrement momentané de données sur la répartition de l´eau. Ces chiffres seront sûrement différents des chiffres relevés dans un passé très lointain (en milliers, voir en millions d´années).

    Diagramme: Schéma de la répartition génerale de l´eau sur Terre. Source:   United States Geological Survey, 1996

    L´usage de l´eau

    • Les principaux utilisateurs de l´eau dans le monde: selon le rapport «Water in a changing world», en volume utilisé, les dix principaux pays consommateurs d’eau sont l’Inde (646 km3/an), la Chine (630 km3/an), les États-Unis (479 km3/an), le Pakistan, le Japon, la Thaïlande, l’Indonésie, le Bangladesh, le Mexique et la Fédération de Russie. La consommation nationale est à moins de 0.03 km3/an au Cap-Vert ou en République Centrafricaine.
    • Eau et alimentation
      ► L´eau est indispensable à la production alimentaire. L´agriculture est de loin le premier utilisateur d´eau, absorbant 70 % de la consommation totale.
      ► Les usages industriels et domestiques représentent respectivement 20 % et 10 % de la consommation totale d´eau.
      ► Dans le monde les surfaces irriguées ont doublé et les prélèvements d´eau ont triplé depuis 50 ans. Selon International Water Management Institute dans son rapport «Comprehensive Assessment of Water Management in Agriculture, 2007» si la gestion de l´eau n´est pas sensiblement améliorée dans l´agriculture (récupération, stockage, distribution) la demande mondiale pour ce secteur passera de 70 à 90 % de la consommation totale d´ici 2050.
      ► Selon le rapport des Nations Unies «Water in a changing world», les besoins journaliers en eau dans le monde vont de 2000 à 5000 litres d´eau par personne et par jour. Dans les pays développés 2 à 5 litres d´eau sont bus par personne et par jour.
      800 à 4000 litres d´eau sont nécessaires pour produire un kilo de blé et 2000 à 16000 litres d´eau pour produire la même quantité de viande de bœuf.
      En 2002, chaque suédois et américain du nord (USA) a respectivement consommé 76 kg et 125 kg de viande. En 1985 mangeait en moyenne chaque chinois 20 kg de viande. En 2009, chaque chinois mange plus de 50 kg de viande. La demande de céréales va augmenter en conséquence. Or il faut 1000 litres d´eau pour produire 1 kg de céréales. Cela signifie qu´il faudra 390 km3 d´eau supplémentaires pour couvrir ces nouveaux besoins en Chine.
    • Énergie
      Selon Energy Information Administration (EIA) dans son rapport «World Energy Outlook, 2007», la demande mondiale d’énergie devrait augmenter d´au moins 55% d´ici 2030. Les pays en développement représenteront 74 % (dans lesquels la Chine et l’Inde comptabiliseront à elles seules environ 45 %) de cette augmentation totale. En conséquence, d´énormes demandes d´eau dans ce secteur sont attendues pour les prochaines années. La production d’hydroélectricité, par exemple, connaitra une croissance annuelle moyenne de 1,7 % entre 2004 et 2030, soit une progression globale de plus 60 %.

    L´eau et les maladies

    • L´approvisionnement en eau (consommation humaine, assainissement, production alimentaire, etc.) reste insuffisant dans les pays en développement: plus de 67 % de la population mondiale, soit plus de 5 milliards de personnes n’auront sans doute toujours pas accès à un système d’assainissement décent en 2030 (OCDE, 2008).
    • Aujourd´hui près de 340 millions d´Africains n´ont pas accès à une eau potable salubre et près de 500 millions ne bénéficient d´aucun système d´assainissement décent.
    • 80 % des maladies des pays en développement sont liées à l´eau: elles font chaque année plus d´un (1) million de morts.
    •  Des milliers d´enfants décèdent chaque jour de diarrhée.
    • Beaucoup de maladies dans le monde pourraient être évitées en améliorant l´approvisionnement en eau, l´assainissement, l´hygiène et la gestion des ressources en eau.

    La situation de l´eau en Afrique

    Le continent africain possède plus de 46000 km de cours d´eau fluviale (Europe, 31400 km) et plus de deux (2) millions de km2 de surface de lacs. Ceci constitue d´énormes ressources d´eau renouvelables. Les précipitations se situent entre moins de 10 mm et plus de 1000 mm de hauteur. En somme le continent africain ne soufre pas de manque d´eau. Cependant selon l´organisation mondiale Food and Agriculture Organisation (FAO), en Afrique la consommation annuelle d´eau par habitant varie entre moins de 25 m3 à 500 m3 d´eau. Basées sur ce fait, les Nations Unies dans leur rapport sur la situation mondiale de l´eau «Water in a changing world, 2009» constate clairement: … «While rapid progress has been made in water supply in all regions except Africa…». Et plus loin dans le même rapport (page 102): …«Except for sub-Saharan Africa and Oceania, all regions are on track to meet the Millenium Development Goal drinking water target…». Contrairement à une idée reçue bien ancrée, ce n´est donc pas l´eau « naturelle » qui compte, mais la capacité des sociétés à fabriquer les espaces permettant d´accéder à l´eau potable. Les leaderships africains doivent enfin prendre conscience de cette simple réalité et en conséquence renforcer leurs programmes d´investissements dans le secteur de l´eau.

    L´eau, un enjeu géopolitique majeur

    1. L´eau comme facteur économique vital

    L´eau est certes un facteur de production, nécessaire pour bien mener toute activité économique. Mais dans le sens le plus large du terme, l´eau est patrimoine économique, écologique et social. Voir ci-haut. Les chiffres mentionnés dans le Tableau 2, ci-dessous, sur l´évolution des prix moyens du mètre cube d´eau dans 14 pays ont été publié dans l´étude «2007 – 2008, International Water Report & Cost Survey, July 2008» par le National Utility Service Consulting Group (NUS). Cette étude est basée sur les prix au 1. Juillet 2008 pour une entreprise consommant 10000 cubes d’eau par an. Tous les prix sont exprimés en dollars US par mètre cube, hors Taxe à valeur Ajoutée (TVA). En présence de plusieurs fournisseurs, une moyenne non pondérée des prix disponibles est utilisée comme base. Les écarts en pourcentage sont calculés dans la monnaie locale pour éviter la disparité due aux mouvements des changes. L´étude désignée est quelque peu contestée en Allemagne. Cela n´étonne guère dans la mesure où, en partie, la gestion de l´eau, comme la gestion du pétrole, n´est pas assez transparente au niveau des États. Néanmoins, la consommation totale d´eau par an en Allemagne peut être estimée à 40.6 milliards de mètres cubes. Le mètre cube d´eau coûtant 301 dollar cent (voir Tableau 2, ci-dessous), dans ce pays, cette consommation correspond à une facture de plus de 122 milliards de dollars US. Ceci donne une idée assez précise de l´importance de l´eau dans nos économies modernes.

    Tableau 2: Comparaison du coût de l´eau pour 14 Pays. NUS Consulting Group, International Water Report, 2008 

    2. L´eau comme facteur géopolitique

    La dimension géopolitique de l´eau est due, d´une part, à une répartition inégale des ressources selon les pays et, d´autre part,  au caractère transnational de nombreux cours d´eau. Sa gestion nécessite une coopération au niveau régional mais peut entraîner des tensions entre États voisins dans de nombreuses régions du monde.

    Les principaux facteurs sources de ces tensions sont:

    • la forte pression démographique (en 2050 la population mondiale atteindra 9 milliards 150 millions d´habitants
    • la forte demande de haut niveau et de qualité de vie
    • le changement climatique

    Or, plus de 260 bassins fluviaux sont partagés entre deux (2) ou plusieurs pays.  Les zones de tension géopolitique líées à l´eau sur notre globe, voir graphique ci-dessous.

    Foyers de Tensions et Penuries autour de l´eau. Sources: Nations Unies, PNUD, Sciences Humaines

    Investir dans l´eau

    «Les ressources consacrées à l’eau sont minuscules comparées aux sommes investies dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ou la crise financière … L’eau devrait être au cœur des politiques agricoles, énergétiques, de santé, d’infrastructures d’éducation … Les gestionnaires de l’eau sont convaincus, mais ce ne sont pas eux qui prennent les décisions. C’est aux chefs d’État et de gouvernement de s’emparer du sujet.» (Olcay Ünver, coordinateur du rapport final du World Water Forum, Istanbul, Mars 2009).

    Quelques faits à l´appui de cette affirmation

    • L´Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que, selon la région et la technologie, chaque dollar US investi dans l’amélioration de l´approvisionnement en eau potable et dans l´assainissement de base produit entre 3 à 34 dollars de bénéfices.
    • L´Afrique utilise seulement 4 % de ses ressources disponibles d´eau. Or de larges couches de la population africaine sont sans accès à l´eau potable et à l´assainissement de base décent, voir ci-haut. 
    • Pour la seule Afrique, les pertes économiques globales causées par l’absence d´accès à l´eau potable et à un système d´assainissement de base décent sont estimées à 28.4 milliards de dollars US par an, soit environ 5 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du continent (OMS, 2006).
    • Pour le Moyen-Orient et l´Afrique du Nord, la dégradation de l´environnement provoquée par la pollution et l´usage excessif de l´eau disponible cause une baisse du Produit Intérieur Brut (PIB) d´environ 9 milliards de dollars US, soit 2.1 % à 7.4 %, par an dans cette partie du globe.

    Ces données illustrent à suffisance l´urgence pour l´Afrique à mobiliser des investissements majeurs pour mettre en place et exécuter des programmes d´envergures de construction d´infrastructures performantes d´approvisionnement en eau potable et d´assainissement de base décent. Sans une eau de qualité pour les populations toutes les autres mesures de lutte contre la pauvreté seront vaines. L´eau de qualité est la «santé» d´une société. L´Afrique a ici d´énormes opportunités en activant les investissements majeurs dans le domaine de l´eau pour s´amarrer à l´économie mondiale.

    En tout cas en Chine, les réformes apportées à la gestion de l’eau ont produit des améliorations mesurables en termes de Produit Intérieur Brut (PIB) local. 335 districts ont achevé leur électrification primaire grâce à l’énergie hydroélectrique. Ces districts ont vu leur Produit Intérieur Brut (PIB) doubler par rapport à ceux qui n’ont pas de production d’électricité rurale. Le revenu annuel moyen par agriculteur a progressé de 8,1 % par an, près de 3 % de plus que la moyenne nationale.


    (1) … La température ambiante est la température de l’environnement, c’est-à-dire la température de tout l’univers sauf le corps considéré. La température ambiante est rarement précisée (elle est souvent communément évaluée à 25 °C)
    (2) … Le cycle naturel de l’eau (connu scientifiquement sous le nom de cycle hydrologique) se rapporte à l’échange continu de l’eau entre l’hydrosphère, l’atmosphère, l’eau des sols, l’eau de surface, la nappe phréatique, et les plantes.
    (3) ….
     L’hydrosphère est la partie de la planète occupée par l’eau liquide (océans, mers,
    lacs, fleuves, nappes phréatiques) et solide (calottes polaires, glaciers, banquise). Cette sphère s’étend depuis environ 8 km d’altitude (la cime des montagnes les plus élevées) jusqu’à près de 11 km de profondeur (fosses océaniques). 

     

     

     


    L’évolution mondiale de la demande énergétique, 2006 – 2030

    June 13th, 2009

    Energy Information Administration (EIA) dans l´introduction de son étude «International Energy Outlook, IEO2009», écrit:
    «The projections in IEO2009 are not statements of what will happen, but what migth happen given the specific assumptions and methodologies used. The projections provide an objective, policy-neutral reference case that can be used to analyze international energy markets. As a policy-neutral data and analysis organization, EIA does not propose, advocate, or speculate on future legislative and regulatory changes».
    Les prévisions de l´EIA pour 2030, publiées dans l´étude de Référence «IEO2009», voir ci-haut, et reprises ici, sont donc à utiliser sous ces réserves(1).

    Le pronostic de la consommation globale d´énergies primaires de 22.6 TWa(2) en 2030 (cas de Référence, voir Tableau 1) contre 15.7 TWa en 2006, soit une hausse totale d´environ 44%, nous indique la dimension des besoins énergétiques mondiaux dans un avenir proche.

    L´Afrique, par exemple, en raison de sa forte croissance économique (taux annuel de croissance du PIB de 4.0%)(5) et démographique attendue pour les prochaines décennies par la même étude de l´EIA, doublera sa consommation d´énergie d´ici 2030. Or, une forte consommation globale d´énergies primaires entrainera une augmentation supplémentaire des émissions de «gaz à effet de serre anthropiques», qui à son tour aura, en l´absence d´innovations majeures dans les technologies énergétiques vertes, des impacts négatifs considérables sur nos environnements. De ce point de vue, le réchauffement planétaire s´accélérera. Ajoutons que plusieurs études spécialisées prévoient un réchauffement global d´au moins 1°C d´ici 2100. Déjà notre planète s´est réchauffée d´environ 0.74°C entre 1906 – 2005.

    Rappelons aussi que Sir Nicholas Stern, dans son rapport 2006, alarme en estimant la somme inimaginable de 5500 milliards d´Euro pour les coûts économiques que le changement climatique causerait pour les générations présentes et futures!

    Les fortes augmentations démographique, voir dans les articles précédents, et de consommation énergétique, voir ci-haut, dans beaucoup de régions du monde parmi lesquelles l´Afrique de l´Ouest, prévues par plusieurs études spécialisées en appellent à un changement de paradigme dans la gestion mondiale des ressources énergétiques. Une mutation profonde dans le comportement du consommateur, notamment dans les pays développés (un américain du nord consomme par exemple plus de 11000 kWh/an(3) d´électricité tandis qu´un africain n´en consomme que 600 kWh/an), doit avoir lieu pour efficacement accélérer l´indispensable élaboration de solutions techniques et technologiques innovatrices durables dans les secteurs démographique et énergétique. Elles contribueront à ralentir le réchauffement climatique. La modernisation des infrastructures de bases existantes et la construction de nouvelles infrastructures énergétiques, de transports, de santé, de traitement d´eau, etc., qui respectent les normes et standards écologiques internationales en résulteront directement. Ces perspectives ouvriront d´énormes opportunités d´intégrer davantage les économies africaines dans l´économie planétaire et de durablement améliorer les conditions de vie des populations africaines.

     Qu´est-ce que l´énergie?

    L’énergie caractérise la capacité à fournir du travail, à donner du mouvement ou à élever la température. L’énergie est obtenue par la combustion de carburants ou de combustibles (pétrole, essence, gazole, fioul, gaz, charbon, bois, etc.), l’utilisation de l’électricité ou de forces naturelles comme le vent ou l’énergie solaire.
    L’énergie peut donc se présenter sous plusieurs formes qui peuvent se transformer; par exemple, production d’électricité à partir du gaz, de pétrole ou de charbon dans une centrale thermique, chauffage d’une maison à partir d’électricité ou de fioul domestique ou climatisation.
    L’énergie se mesure communément en kilowattheure (kWh). Sans énergie, on ne fait plus de cuisine, on ne se chauffe plus, on ne climatise plus, on ne s’éclaire plus, on ne se transporte plus, on n’a plus de téléphone, d’ordinateurs ou de télévision.

    Quelles sont les principales formes d´énergie?

    L’énergie se présente sous de multiples formes, dont les principales sont schématiquement les suivantes:

    • Énergie mécanique: elle est à l’origine ou résulte d’une variation d’énergie potentielle (chute d’eau par exemple) ou cinétique (corps en mouvement)
    • Énergie thermique: elle s’exprime le plus souvent sous forme de chaleur
    • Énergie chimique: elle est libérée par une réaction chimique qui peut être explosive
    • Énergie électrique: elle est créée par une différence de charge électrique entre deux points et peut entraîner un courant électrique
    • Énergie nucléaire: inhérente à toute matière, elle peut être extraite par fission (rupture des noyaux des atomes, c’est le principe des réacteurs nucléaires actuellement en service) ou par fusion des noyaux des atomes (combinaison de deux noyaux en un nouveau avec libération d’énergie)

    Evolutions mondiales des consommations d´énergie, 2006 – 2030

    L’Administration américaine des informations sur l’énergie (EIA, Energy Information Administration) informe dans sa projection de référence «l’International Energy Outlook 2009» (IEO2009) que la consommation mondiale d’énergie devrait se situer à 198650 TWh en 2030 contre 138400 TWh en 2006, soit une hausse de 44%, en raison notamment d´une croissance économique positive à long terme pour les pays à économies émergentes et en voie de développement (1,6 %/an pour le monde et 2,9 %/an en Chine d’ici 2030).

    1. Demande annuelle moyenne mondiale par région en énergies primaires

    Le scénario, cité là-haut, est économiquement favorable à l´Afrique (demande énergétique annuelle moyenne de 1.7% d´ici 2030, voir Diagramme 1).

    Mais à l´évidence, la demande quantitative (0.5 TWa en 2006 et 1.3 TWa en 2030) en énergies primaires (l´énergie primaire est la première forme de l’énergie directement disponible dans la nature: bois, charbon, gaz naturel, pétrole, vent, rayonnement solaire, énergie hydraulique, géothermique, etc.) de l´Afrique demeurera très faible par rapport aux autres régions du monde.

    2. Demande annuelle moyenne d´hydrocarbures et combustibles, Afrique/Monde

    Dans l´étude de l´EIA, IEO2009, l´Afrique décroche une part respective de demande de 3.3% en énergie nucléaire et de 3.2% en gaz naturel en 2030, voir Diagramme 2. La part de l´hydraulique & les énergies renouvelables dans le même diagramme englobe aussi la demande en énergie produite par l´hydraulique et les  photovoltaïques, le vent, etc.

    Ces demandes énergétiques de l´Afrique sont néanmoins très modestes en volumes absolus par rapport aux demandes en énergie nucléaire, en gaz naturel, en hydraulique et autres énergies renouvelables prévues pour 2030 des autres régions du monde.

    3. Capacité de puissance électrique installée, Afrique/Monde, 2006 – 2030

    Selon l´EIA, dans «IEO2009», la puissance totale globale d´électricité installée sera de 6452 gigawatts(4) en 2030 contre 4006 gigawatts en 2006, soit une augmentation d´environ 61%. La part des énergies dans la production mondiale d’électricité se constitue de:

    • 40% de la production de charbon
    • suivi par le gaz naturel, l’hydraulique et le nucléaire avec respectivement 20%, 16% et 15%.
    • Le nucléaire est devancé par le charbon également en Europe (29%) même si certains pays comme la France avec près de 80% de production d´électricité par le nucléaire se trouvent dans une situation bien différente. Le scénario 2006 de l’EIA retient une réduction de la part du nucléaire dans la production mondiale d´électricité de 16 à 10 % d’ici 2030 malgré une croissance en valeur absolue. Il faut noter ici qu´entre-temps un véritable «boom» de l´électronucléaire, nommé «renaissance» de l´électronucléaire, estimé durable, s´est déclenché. Il est aussi à remarquer que la part de gaz dans la production de l´électricité progressera de 20 à 23 % sur la période 2006 – 2030.

    La part des énergies renouvelables dans la production installée de l´électricité, hors hydraulique, est faible dans le total des capacités installées mais sa croissance est rapide et elle occupe désormais une position notable en valeurs absolues. Ainsi, les capacités photovoltaïques, classées dans la rubrique «autres énergies renouvelables», atteindront 120 gigawatts en 2030 contre 37 gigawatts 2006. La capacité de puissance électrique installée pour les éoliennes s´élèveront à 490 gigawatts en 2030 contre 60 gigawatts en 2006. Il est à noter que de 2006 à 2030 l´Afrique enregistrera une progression annuelle d´installation de puissance électrique de 2.1%, voir diagramme 4. Aussi d´ici 2030 la puissance électrique installée provenant des éoliennes en Afrique progressera annuellement de 12.4%, voir diagramme 3.

    Mais en général il est à noter que la part totale de l´Afrique dans la production mondiale de l´électricité ne sera que 182 gigawatts sur 6452 gigawatts en 2030, soit seulement 3%!  

    Remarque(6)

    La consommation d´électricité par habitant montre de fortes disparités dans le monde. Pendant qu´un africain consomme environ 600 kWh/an, un chinois et un américain du nord, respectivement, en consomme 1800 kWh/an et plus de 11000 kWh/an. Cette situation montre néanmoins l’ampleur des besoins en nouvelles capacités de production d’électricité. De 2005 à 2030, la production d’électricité pourrait progresser de 2,6 % par an dans le monde à comparer avec 1,6 % pour la demande finale totale d’énergie d’après l’IEA, IEO2008, (voir IEA, International Electiricity Analysis to 2030). 

    La demande d´énergie et la puissance électrique totale installée en l´Afrique progresseront en pourcentage d´ici 2030, voir diagramme 2 et 3. Mais en général cette progression restera quantitativement modeste par rapport à l´Asie et au Brésil, par exemple. Parallèlement la population de l´Afrique atteindra 1 milliard 524 millions d´habitants d´ici 2030 selon les Nations Unies. Or, le niveau de production et de consommation d´énergie est l´un des principaux indicateurs de la performance d´une économie.

    Dans l´espace de la Communauté Economique des Etats de l´Afrique de l´Ouest (CEDEAO) existent d´importants programmes d´approvisionnement en énergie, entre-autres:

    • le gazoduc Nigéria, Benin, Togo et Ghana, opérationnel d´ici fin 2009
    • l´Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), projet hydrau-électrique, opérationnel 
    • l´interconnexion de réseaux électriques Mali – Côte d´Ivoire, en phase d´exécution
    • interconnexion de réseaux Mali – Ghana – Burkina-Faso, projet d´étude de faisabilité actuellement en examen par les autorités concernées, etc.

    L´énergie est donc perçue comme l´un des vecteurs majeurs du développement durable en Afrique de l´Ouest par le «leadership» ouest-africain. 
    Il est néanmoins tout aussi actuellement difficile de clairement reconnaitre que ce même «leadership» de l´Afrique de l´Ouest, sous-région dont la population totale sera de 463 millions en 2030, soit une augmentation de 51% pour la période 2010 – 2030 selon les Nations Unies, possède une politique énergétique cohérente et vigoureuse, définie et exécutée sur la base des trois (3) principaux critères suivants:

    • la garantie de sécurité et la continuité à long terme de la fourniture d’énergie sous toutes ses formes: carburants, combustibles, électricité
    • l’offre d’une énergie à des prix compétitifs. Ceci constitue un enjeu essentiel pour les entreprises énergétiques publiques et privées ouest africaines qui ont l’ambition de jouer un rôle majeur dans le développement, mais aussi pour les entreprises clientes qui doivent contrôler leurs coûts
    • La construction d’un développement énergétique durable, c’est-à-dire respectueux de l’environnement et soucieux des conditions de vie des générations futures en contribuant à réduire substantiellement les émissions de gaz à effet de serre anthropiques.

    Ces trois (3) objectifs sont indissociables de services publics modernes et exemplaires d´Afrique de l´Ouest, en harmonie avec les besoins de l’époque et des populations. Ils rendent possible une stratégie régionale africaine et internationale ambitieuse, compétitive et efficace des économies d´Afrique de l´Ouest.

    Sous ces conditions, en raison de la nécessité de moderniser et de construire des infrastructures économiques de base nationales et sous-régionales qui rendront possible un bien-être durable pour les populations, d´énormes opportunités de développement s´offrent à l´Afrique de l´Ouest pour les prochaines décennies.


    (1)… Les chiffres, tableaux et diagrammes donnés recouvrent une partie de l´étude mentionnée. Les situations énergétiques (consommation et coûts, etc.) détaillées pour les domaines importants comme l´industrie, les ménages, l´agriculture, les transports et les télécommunications et les questions rélatives aux réserves mondiales d´hydrocarbures, de combustibles et de minerais seront ultérieurement discutées.
    (2)… 1 térawatt = 1012 watt, TWa, lire: térawatt an (une année = 365 jours = 8760 heures)
    (3)… 1 kilowatt = 1000 watts, kWh/an, lire: kilowattheure par an
    (4)… 1 gigawatt = 10watts
    (5)… cette forte croissance devrait à court terme souffrir de la crise financière mondiale actuelle
    (6)… les attentes pour les taux de croissances économiques sont les sources majeurs d´incertitudes pour le scénario de Référence IEO2009. Pour illustrer ces incertitudes associées aux tendances de croissances économiques le scénario de l´IEO2009 a en plus du cas de Référence pris en compte les cas de forte et faible croissances économiques.