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    L’Internet, machine titanique planétaire de la société de l’Information: historique sommaire, état des lieux et perspectives pour l’Afrique

    L’Internet, ce réseau planétaire des réseaux de communication et d’information, est née des visions fabuleuses de J.C.R. Licklider en 1962 de connecter des ordinateurs entre eux à travers le monde entier pour faciliter les échanges de connaissances dans la communauté scientifique. En 2000 ce réseau ne comptait que 361 millions d’abonnés contre 2.5 milliards en 2012. L’Internet c’est 3 milliards d’abonnés dans le monde et 4200 milliards de dollar US de chiffre d’affaire dans les pays du G 20 en 2016. L’Internet, c’est 3606% de croissance en abonnement en Afrique depuis 2000! L’Internet, cette machine planétaire "démocratique",  est certainement une chance formidable pour ce continent pour combattre l’analphabétisme, la pauvreté, l’obscurantisme et la tyrannie. Avec l’aide de cette machine titanique planétaire de communication, l’Afrique anticipera sur les processus classiques de développement, en brûlant, sans nul doute, des étapes de ce processus avec l’aide des techniques et technologies de puissance de l’informatique! L’Internet pourra être utilisé pour réécrire l’histoire du continent africain.

    Nous avons tenté dans ce texte de faire l’historique sommaire  de l’Internet et de rendre lisibles et accessibles à certains les chiffres actuels des grandes agences et experts spécialisés sur ce média global.

    L’Internet a révolutionné le monde de l’ordinateur et des communications comme jamais auparavant. L’invention du télégraphe, du téléphone, de la radio et de l’ordinateur a posé l’ossature de base pour cette intégration sans précédent de possibilités d’applications des technologies informatiques. L’Internet est à la fois la radiodiffusion mondiale, un mécanisme de dissémination de l’information, et un moyen de collaboration et d’interaction entre des individus et leurs ordinateurs indépendamment de la localisation géographique. L’Internet représente un des exemples de succès fabuleux aux bénéfices résultant de  l’investissement durable pour la recherche et le développement de l’infrastructure d’information. Commençant avec la recherche précoce sur le "paquet de commutation« ("packet switching"), le gouvernement, l’industrie et l’Université des USA sont devenus des partenaires pour l’évolution et le déploiement de cette exaltante technologie. Aujourd’hui, les termes comme "mdiakite@hotmail.de" et "http://www.e-tech-blog.com" ne sont plus des secrets pour beaucoup de personnes choisies au hasard dans la rue [1].

    Chronologie de l’histoire technique connue de l’Internet, différents Projets et Protocoles de l’Internet

    L’Internet est une infrastructure de communication et d’information aujourd’hui largement répandue partout dans le monde. Le prototype initial est parfois appelé "The National (ou Global ou Galactic) Information Infrastructure".

    Les premiers textes décrivant les interactions sociales pouvant être rendues possibles grâce à un réseau d’ordinateurs étaient une série de mémos [2] écrits par J.C.R. Licklider du Massachussetts Institut of Technology (MIT) en Août 1962 portant sur son concept de "réseau galactique". Il imagina un ensemble d’ordinateurs interconnectés au niveau mondial à travers lequel chacun pourrait accéder rapidement aux données et programmes depuis n’importe quel site informatique. En théorie, le concept était très semblable à l’Internet d’aujourd’hui. Licklider fut le premier chef du programme de recherche en informatique de la DARPA [3] (Defense Advanced Research Projects Agency), lancé en Octobre 1962 aux USA. Pendant son séjour à la DARPA, il persuada ses successeurs, Ivan Sutherland, Bob Taylor et Lawrence G. Roberts, chercheurs au MIT, de l’importance de ce concept de réseau informatique. Mais déjà en 1961, Leohnard Kleinrock du MIT  "Information Flow in Large Communication Nets", rapport d’avancement trimestriel RLE. Suivi du livre "Communication Nets: Stochastic Message Flow and Delay, Mcgraw-Hill (New York), 1964". Kleinrock a convaincu Lawrence G. Roberts de la réalisation théorique des communications en utilisant la commutation par paquets plutôt que des circuits dédiés. Ce qui s’avéra être un grand pas en avant vers les réseaux informatiques.

    Depuis lors l’Internet connaitra un développement fulgurant jusqu’à nos jours. Voir les différentes étapes jusqu’à 1996, Fig. 2.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Protocole de l’Internet

    Internet Protocol (IP) est une famille de protocoles de communication de réseau informatique conçus pour être utilisés par l’Internet. Les protocoles IP s’intègrent dans la suite des protocoles Internet et permettent un service d’adressage unique pour l’ensemble des terminaux connectés [4].
    Protocoles d‘Internet

    IP:      Internet protocol
    TCP:   Transport control protocol
    UDP:   User datagram protocol
    ARP:   Address resolution protocol
    ICMP: Internet control management protocol
    EGP:   Exterior gateway protocol
    RIP:    Routing information protocol
    FTP:    File transfer protocol
    HTTP:  Hypertext transfer protocol
    SNMP: Simple network management protocol
    NFS:    Network file system
    XDR:   External data representation
    SMTP: Simple mail transfer protocol
    DNS:   Domain name systems/server

    Remarque:

    Nous entendons parfois que l’Internet aurait commencé en 1969 avec le réseau d’ordinateurs militaires ARPANET [5] (Pentagon’s Advanced Research Projects Agency Network), logé au Ministère de la Défense des USA (communément appelé Pentagone). Ces théories fantaisistes vont jusqu’à suggérer que l’Internet a été conçu pour faire face aux attaques nucléaires. Quelque soit l’origine et la date supposée de son invention, l’Internet que nous utilisons aujourd’hui, ne date pas de 1969 et n’est pas née au Pentagone. Cependant, le projet ARPANET, donna naissance aux protocoles de l’Internet vers 1970. Mais 1969 n’était l’année des débuts de l’Internet, voir ci-haut.

    Rappel: Bob Taylor, en charge de l’ARPANET au Pentagone, insiste sur le fait que le but de l’Internet n’était aucunement militaire et/ou la défense contre des attaques nucléaires, mais bien SCIENTIFIQUE. Larry Roberts, chargé par Bob Taylor, de construire et développer ARPANET, précise en affirmant même que ce réseau n’était aucunement conçu pour connecter les gens entre eux ou d’être une facilité de communication et d’information.
    Selon lui, l’ARPANET était conçu pour essayer de rendre possible aux institutions de recherches scientifiques l’usage de la puissance de traitement de l’information des ordinateurs d’autres institutions en cas où ces ordinateurs disposent de plus de puissance pour effectuer de larges calculs ou si les possibilités de meilleurs traitements de données sont disponibles ailleurs, voir ci-haut la vision originale de J.C.R. Licklider. 
    Mais l’ARPANET a été une étape décisive indéniable dans le processus de développement vertigineux de l’Internet d’aujourd’hui.
    Selon Internet World Stats [6], daté du 30 Juin 2012, la population mondiale était estimée à 7,017,846,922. A la même date 2,405,518,376 personnes utilisaient l’Internet selon la même source, soit 34,3% de pénétration dans le monde, voir Tab. 1.

    Internet, le réseau des réseaux d’ordinateurs

    Description sommaire

    L’internet est un système global, qui se compose de réseaux d’ordinateurs connectés entre eux, voir Fig. 1.
    Dès lors que deux (2) appareils électroniques (par exemples ordinateurs) sont connectés, et capables de se communiquer, ils font partis d’un réseau. L’internet résulte des connections mondiales se composant de tels réseaux, dont les gouvernements, entreprises et les privés sont parties intégrantes. Chaque appareil peut en ce moment communiquer avec l’autre.

    Pour que cette communication fonctionne, il faut que ces appareils se comprennent entre eux. Dans l’Internet, cela est possible, parce que tous les appareils utilisent la même langue et le même Protocol, appelé "Internet Protocol" [IP], et cela sans limitations physiques, techniques ou nationales. Ce Protocole est la base pour tous les autres systèmes de communication dans l’Internet. Envoyer des données sur  l’Internet est comparable à l’envoi par la poste d’une ou plusieurs pages d’un livre dans des enveloppes respectives. Les adresses de l’expéditeur et du destinateur sur chacune des enveloppes restent les mêmes. Même si certaines enveloppes sont envoyées par bateaux et d’autres par avions, tous les envois arrivent à destination tôt ou tard. Et le livre peut être complètement reconstitué. Cela est indépendant de la séquence d’arrivée de la page 1 ou 213 chez le destinateur.

    Le contenu des enveloppes est défini selon  des protocoles ou conventions particulières, (donc des formats négociés).

    Autres exemples de protocoles issus des milliers de protocoles basés sur le protocole de l’Internet

    – SMTP [Simple Mail Transfer Protocol] pour l’envoi des E-Mails
    – HTTP pour accès aux pages de l’Internet
    – BitTorrent pour la communication "Peer-to-Peer" (une méthode pour envoyer et faire partager des données à un grand nombre de groupes de personnes).

    Chacun peut à tout moment définir son propre protocole et l’utiliser dans l’Internet, si ce protocole est basé sur celui de l’Internet.

    L’Internet est donc un système d’interconnexions de machines et constitue un réseau informatique mondial, utilisant un ensemble standardisé de protocoles de transfert de données. C’est donc un réseau de réseaux, sans centre névralgique, composé de millions de réseaux aussi bien publics que privés, universitaires, commerciaux et gouvernementaux. L’Internet transporte un large spectre d’informations et permet l’élaboration d’applications et de services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web. L’Internet ayant été popularisé par l’apparition du World Wide Web, les deux sont parfois confondus par le public non averti. Le World Wide Web n’est que l’une des applications de l’Internet.
    En substance l’Internet fourni un service d’information, de communication, etc. de haute flexibilité.

    Cette ouverture et flexibilité est la principale raison pour les innovations et le succès "démocratique" et économique fulminant de l’Internet [7]

    Architecture schématique de l’Internet

    Voir Fig. 3

     

    Accès à l’Internet

    Fournisseur Internet

    Un Fournisseur d’Accès à l’Internet (FAI) ou Internet Service Provider (ISP) ou Internet Access Provider (IAP), est généralement une entreprise mais parfois aussi une association, qui offre une connexion à l’Internet.

    Equipements indispensables pour le fournisseur Internet

    – Trouver un bâtiment adéquat pour loger le Centre de données IPS. L’emplacement doit être favorable à l’installation de câbles souterrains.
    – Installer des unités Uninterrputed Power Supply (UPS), un agrégat Diesel et un système de ventilation (HVAC). Les systèmes UPS et agrégats Diesel sont nécessaires en cas de coupures d’électricité. L’HVAC est nécessaire pour refroidir l’ISP, qui produit beaucoup de chaleur dommageable aux équipements (Servers, ordinateurs de puissance, convertisseurs, etc.)
    – Adhérer à un arrangement "peering" avec un (1) ou deux (2) fournisseurs Internets en "amont" (Upstream Internet Providers). L’ISP doit avoir sa/ses propre/s connection/s à l’Internet via l’arrangement "peering".
    – Acheter/louer des lignes de câbles à fibre optiques haut débit chez le fournisseur local de télécommunication pour connecter votre réseau à l’Internet.
    – Acheter, installer et configurer des routers d’entreprise, des interrupteurs et des ordinateurs de très hautes performances pour éviter des pannes, qui seront sources de plaintes des clients
    – Si l’ISP vend la connexion DSL aux clients, mettre en place un programme d’installation/d’operation client, qui permet de rediriger les services de commandes client vers le fournisseur de télécommunication local pour la connexion via le téléphone
    – Si l’ISP vend les services d’hébergement de sites internet (web-hosting services), configurer les ordinateurs pour opérer comme des servers virtuels (Virtual Private Server (VPS), permettant aux clients d’héberger leurs propres sites internets dans leur propre instance virtuelle au centre de données [8].

    Technologies de connexion et Equipements de base pour les clients résidentiels

    Différents types d’accès sont possibles, par exemple un accès Réseau Téléphonique Commuté (RTC), reposant sur un système de Modulation-demodulation (le Modem) qui permet de convertir les informations numériques binaires de l’ordinateur en signal pseudo analogique transitant sur les voies de télécommunications (paire de cuivre, satellite, fibre optique).
    Il existe de nombreux types d’accès à l’Internet [9], généralement ordonné par l’ancienneté de la technologie et la vitesse atteignable:
    – Modem 56 K
    – RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Services)
    – Modem câble
    – xDSL dont l’ Asymmetric Digital Subscriber Line: 500 kbit/s à 20 Mbit/s (ADSL): Accès à l’Internet par téléphone
    – FTTH (Fiber To The Home): réseau de télécommunications qui se termine en fibre optique au domicile de l’abonné. Il s’agit d’une boucle locale optique
    T-carrier: T1, T2, T3 (T-carrier est la désignation d’un système générique de télécommunication numérique multiplexé et utilisé en Amérique du Nord et au Japon. L’unité de base dans le système T-carrier est le DS0, qui a une transmission de 64 kbit/s, et est couramment utilisé pour un circuit voix
    – WI-FI: est un ensemble de protocoles de communication sans fil régis par les normes du groupe IEEE 802.11 (ISO/CEI 8802-11). Un réseau Wi-Fi permet de relier sans fil plusieurs appareils informatiques (ordinateur, routeur, décodeur Internet, etc.) au sein d’un réseau informatique afin de permettre la transmission de données entre eux.
    – WiMAX : (Worldwide Interoperability for Microwave Access) désigne un standard de communication sans fil. Surtout utilisé comme mode de transmission et d’accès à Internet haut débit, portant sur une zone géographique étendue.
    – McWILL (Multi-carrier Wireless Internet Local Loop)
    – Internet par satellite (mono ou bidirectionnel)

    Equipements techniques de base pour la connexion de clients résidentiels, voir Fig. 1.

    Quelques données sur l’infrastructure de câbles sous-marins autour de l’Afrique

    Usage de l’Internet et Coûts du large bande dans le monde

    Dans ces analyses sur les applications, nous nous intéressons exclusivement aux volets du large bande et technologies antérieures de l’Internet. La Recommandation I.113 du Secteur de la normalisation des télécommunications de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT, ITU) définit le large bande comme une capacité de transmission supérieure au débit primaire du Réseau Numérique à Intégration de Services (RNIS), 1.5 ou 2.0 Mbit/s.
    En fin 2011, l’UIT dans son rapport "Mesurer la Société de l’Information, 2012" [10] dénombrait presque 600 millions d’abonnements au large bande fixe (filaire) dans le monde, soit un taux de pénétration mondial de  8.5%  contre environ 530 millions en 2010, qui correspondait à un taux de pénétration de 7.7%.

    L’infrastructure de réseau large bande fixe demande des investissements beaucoup plus importants que l’infrastructure de réseau mobile, en particulier pour le dernier kilomètre, sur lequel l’accès large bande est amélioré par l’extension des connexions à fibres optiques jusqu’au domicile de l’utilisateur ou jusqu’à l’entreprise. Ces nouveaux réseaux large bande fixes fournissent un débit, une capacité et une qualité de service supérieurs aux réseaux large bande mobiles et répondent donc mieux aux besoins des utilisateurs comme les organisations ou les entreprises, mais aussi des foyers privés qui auront besoin d’une infrastructure large bande fixe évoluée pour tirer pleinement parti du large bande.

    Ce fait explique que parallèlement, le nombre d’abonnements aux larges bandes mobiles activés a progressé de 40% entre 2010 et 2011, pour s’établir à presque 1.1 milliard à la fin de l’année 2011, soit un taux de pénétration mondial de 16%, contre 12.6% en 2010. On compte donc aujourd’hui presque deux fois plus d’abonnements au large bande mobile qu’au large bande fixe.
    Mais la bonne nouvelle est que les prix du large bande fixe reculent dans toutes les régions du monde. C’est ainsi qu’en 2010 les prix moyens du large bande fixe atteignaient 115% du Revenu National Brut (RNB) par habitants contre 40% en 2012.
    Cependant les prix du large bande fixe restent très élevés dans de larges régions du monde, voir Diag 5. Les prix semblent être liés au niveau des revenus par habitants des nations, avec les prix les plus bas pour les pays à hauts revenus par habitants.

     

    A l’analyse du Rapport "Mesurer la Société de l’Information, 2012" de l’UIT quelques points intéressants peuvent être relevés:
    – Le large bande est relativement cher à 49.1 $US par mois en Norvège. Cependant ce pays figure parmi le "top ten" des nations pour l’usage du large bande fixe, avec un prix équivalent à 0.7% du RNB par habitants. Cela pourrait s’expliquer par un très haut revenu moyen par habitants de 84290 $US dans ce pays
    – La Gambie, avec un prix du large bande équivalent à 748% du RNB par habitant, est le pays le plus cher. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les revenus sont très inégalement repartis dans ce pays
    – 17 pays ont des prix équivalents ou supérieur à 100% du RNB par habitants
    – 25 pays ont un prix égal ou inferieur à 1% du RNB par habitants
    – Le prix moyen mondial du large bande en pourcentage du RNB par habitants est de 28.5
    – Mais la différence de 40.3% des pays en développement et les pays développés à 1.7% est élevée.
    Un objectif de la "Broadband commission" [11] est que tous les pays devraient avoir le large bande à un prix au coût inférieur à 5% du RNB par habitants en 2015. Il ressort du rapport de l’UIT, cité ci-haut, que seulement 84 des 161 pays, objets de cette étude, pourraient atteindre cet objectif.
    Aussi un des objectifs important de l’UIT est, d’ici à 2015, de connecter 40% des ménages des pays en développement au large pour permettre un accès performant à l’Internet.

    Chiffres récents sur l’Usage et les prix du large bande par région du monde

    Les chiffres récents, datés du 30 Juin 2012 sur l’usage et la pénétration de l’Internet par région géographiques publiés par Internet World Stats sont présentés ci-dessous, voir  Tab. 1, Diag. 1 – Diag. 4.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La croissance vertigineuse en termes de nouveaux usagers de l’Internet par régions du monde de 2000 – 2012, voir Tab. 1, peut être constatée selon la même source. De 2000 à 2012 l’Afrique, par exemple, a accumulé une croissance faramineuse de 3606% de l’usage de l’Internet.
    La répartition de l’usage de l’Internet selon les ensembles sous-régionaux africains est montrée dans le Diag. 6 et Diag. 7.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les prix du large bande en Afrique

    Selon le rapport "Mesurer la Société de l’Information, 2012" de l’UIT, le prix sous-panier moyen en pourcentage du RNB mensuel par habitant du large bande en Afrique, représente près de 65 fois celui de l’Europe.  Le prix moyen mensuel du large bande internet en [$US] en Afrique est trois (3) fois plus cher qu’en Europe, voir Diag. 5. Le prix moyen mondial du large bande en pourcentage du RNB mensuel par habitants est de 28.5.
    Cependant le marché du large bande de l’internet est très inégalement reparti en Afrique. C’est ainsi qu’en Afrique du Nord le prix sous-panier moyen en pourcentage du RNB mensuel par habitant du large bande est de 8.8, soit seulement le tiers 81/3) du prix moyen mondial. Tandis que dans la sous-région CEDEAO, ce prix se situe à env. 164, soit env. 6 fois la moyenne mondiale, Diag. 8.


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour ces raisons il est utile d’attirer l’attention sur le fait que les prix ne reflètent pas nécessairement ceux qu’un client aura à réellement payer pour le large bande dans son pays.
    oAfrica.com [12] a, par exemple, analysé des informations disponibles sur "Google Fusion Table"[13] sur les prix mensuels d’un (1) Mégabit/s (1 Mbps) par pays africain pour comparer les coûts du large bande sur le marché de 23 pays africains. Les coûts en question semblent élevés au Ghana par rapport aux relatifs schémas des prix pour le mobile. Le large bande est dans tous les cas extrêmement cher au Burundi et en Sierra Léone, Diag. 9.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi les prix du large bande de l’Internet sont si élevés en Afrique?

    Le continent africain est entouré de câbles à fibres optiques haut débit (de 1.28 à 40 Térabit/s) d’une longueur totale de 124700 km au fond de ses océans, voir Tab. 2 et Fig. 4. Avec ces infrastructures techniques, entre-autres, de hautes performances les prix de l’accès à l’Internet ont diminué du facteur 2 alors qu’une diminution de facteur 10  était attendue.

    Quelques raisons

    – les coûts exorbitants pour les connexions intra-pays, qui contribuent au coût global très élevé d’accès à l’Internet et aux appels téléphoniques internationaux. En effet, la qualité (disponibilité constante, vitesse haut débit, stabilité durable) de la connexion intra-pays du réseau de télécommunication est un facteur majeur pour la connexion internet et les appels téléphoniques internationaux, qui demandent trois (3) importants éléments de réseau:
        + la connexion de l’usager au nœud des services du fournisseur local ("local loop" ou "last mile")
        + le haut debit "backbone" national ou régional qui agrège le trafic de tous les fournisseurs et usagers
        + le lien international qui connecte au monde extérieur
    – les coûts exorbitants des investissements dans les câbles à fibres optiques, ce qui demande les prix élevés de l’accès à l’Internet pour amortir ces gros investissements. Les coûts moyens des câbles à fibres optiques autour du continent africain sont estimés entre 500 – 850 millions de dollar US [14], voir Tab. 2. Ces chiffres ne prennent pas en compte les investissements dans les systèmes de câbles à fibres optiques WASACE
    -le monopole ou  la concentration du marché national de l’Internet sous le contrôle d’un (1) seul ou dans le meilleur des cas trois (3) operateurs. Ce manque d’ouverture du marché de l’Internet empêche la concurrence, facteur incontournable pour la diversité de gammes des prix abordables
    – la Surtaxe sur les Appels Internationaux Entrants (SAIE), en vigueur dans certains pays, est préjudiciable au secteur des NTIC en général
     -l’existence répandue des modèles archaïques des affaires et l’état d’esprit peu "amical" pour les clients  des sous-traitants en télécommunications, qui maintiennent considérablement le nombre de clients à un niveau réduit
    – l’opacité des marchés des NTIC
     -le monopole, dans beaucoup de pays africains, des systèmes de câbles à fibres optiques par les compagnies de chemins de fer et d’électricité, qui, à leur tour, ne sont pas autorisés à louer, vendre ou opérer des services sur leurs câbles à fibres optiques [15]

    Tous ces facteurs constituent des freins majeurs à la "démocratisation" et à rendre l’Internet comme un outil de proximité et un facteur essentiel de développement en Afrique

    Mais avec la "démocratisation" de plus en plus large et durable de la téléphonie mobile large bande, les coûts d’accès à l’Internet deviendront sans nul doute favorablement abordables pour un grand nombre d’africains

    Cybercrime (Cybercriminalité)

    Selon une étude de Norton "2012 Norton Cybercrime Report", qui a concerné 24 pays repartis sur tous les cinq (5) continents, 556 million de personnes, soit 18 personnes par seconde, ont été victimes de la cybercriminalité en 2012.
    Quelques formes connues des attaques criminelles sur l’Internet sont:
    – Malware (logiciels malveillants)
    – Virus
    – Hacking (Piraterie)
    – Scams/Pishing (Arnaques) pour avoir accès aux comptes bancaires et autres codes d’entrée pour achat/vente online
    – Spams (courriers indésirables)
    – Fraude et Vol

    La cybercriminalité sous ces formes a coûté 110 milliards de $US aux consommateurs dans les 24 pays concernés par le rapport cité ci-haut en 2012. Ce rapport souligne:
    – que la cybercriminalité se répand très rapidement sur le réseau internet mobile (notamment sur les téléphones capables de supporter l’Internet).
    – que le WI-FI insécurisé constitue un potentiel important pour la cybercriminalité
    – que les sources  de risques se trouvent dans les accès
            + aux e-mails personnels
            + aux comptes des réseaux sociaux
            + aux média sociaux
            + aux comptes bancaires et les ventes en ligne.

    Social "Frenemis" (Frères ennemis ou faux amis sociaux) sur l’Internet? Dans tous les cas les consommateurs sur l’Internet sont tout aussi en sécurité contre ces crimes que les réseaux sociaux d’amis (y compris les amis des amis) le sont. Aussi la fréquentation abusive des réseaux sociaux peut être source de STRESS.

    Les pays les plus touchés par la cybercriminalité cités dans le rapport de Norton sont la Fédération de Russie (92%), la Chine (84%), l’Afrique du Sud (80%).

    Certaines mesures à prendre pour se protéger de la cybercriminalité:

    – effacer systématiquement les e-mails suspects des personnes qu’on ne connait pas
    – installer un logiciel anti-virus basic sur son ordinateur
    – ne pas ouvrir des documents et des liens joints dans des textes ou e-mails non-sollicités
    – UTILISER DES MOTS DE PASSE DIFFERENTS DE SÉCURITÉ MAXIMALE pour CHACUN DE SES COMPTES (E-MAILS, COMPTES RÉSEAUX SOCIAUX, COMPTES D’ACCÉS BANCAIRES, COMPTES ACHAT/VENTE EN LIGNE, etc) sur l’Internet
    – utiliser en même temps des symboles spéciaux, des chiffres, des lettres minuscules et majuscules dans son mot de passe
    – ET SURTOUT NE JAMAIS PENSER QUE CA N’ARRIVE QU’AUX AUTRES!

    Conclusion

    Ceux qui pensaient que l’Internet n’était qu’un phénomène passager de mode sont réduits à accepter son ascension fulminante durable dans tous les domaines des activités humaines. C’est plein d’enseignements de constater qu’en 2000 l’Internet ne comptait que 361 millions utilisateurs à comparer au 2.5 milliards en 2012.

    Bien plus, le Boston Consulting Group (BCG), dans son rapport de 2012 "The Internet economy in the G-20. The 4.2 trillions Growth Opportunity" révèle qu’en 2016:
    – le nombre d’usagers de l’Internet atteindra 3 milliards de personnes
    – l’Économie Internet (The Internet Economy) atteindra un chiffre d’affaire de 4200 milliards de $US seulement dans les pays du G-20. Le BCG rapporte dans cette étude que si l’économie Internet était une économie nationale, elle aurait occupé la cinquième place dans le "top five" des grandes économies derrière les USA, le Japon, La Chine, l’Inde, mais devant l’Allemagne. L’économie Internet occupait en moyenne 4.1%, soit 2300 milliards dans l’économie du G-20 en 2010. Dépassant ainsi les économies du Brésil et de l’Italie. L’internet contribue aujourd’hui à hauteur de 8% au PIB (Produit Intérieur Brut) de certaines économies dans le monde, boostant ainsi la croissance et créant des emplois.

    L’usage de l’internet a augmenté de 2000 à 2012 de 3606% en Afrique. L’Internet, cette machine planétaire "démocratique",  est certainement une chance formidable pour ce continent pour combattre l’analphabétisme, la pauvreté, l’obscurantisme et la tyrannie. Ce réseau des réseaux de communication et d’information sera certainement l’un des moteurs majeurs pour durablement booster les croissances de nos économies.  Avec l’aide de l’Internet, l’Afrique anticipera sur les processus classiques de développement, en brûlant des étapes de ce processus avec l’aide des techniques et technologies de puissance de l’Informatique! L’Internet pourra être utilisé pour réécrire l’histoire du continent africain. Mais les challenges des prix harmonisant avec les pouvoirs d’achats des africains, de nouvelles régulations performantes et transparentes adaptées aux économies et aux habitudes des consommateurs, sans cesse dynamiques, de cet outil irremplaçable des Nouvelles Technologies de l’Information (NTIC) sur le continent doivent être relevés!


    Liste de Références

    [1] M. M. Diakité, www.internetsociety.org, www.nethistory.info
    [2] M.M. Diakité, J.C.R. Licklider & W. Clark, "On-Line Man Computer Communication", August 1962,
    dl.acm.org
    [3]
    www.darpa.mil
    [4] M. M. Diakité,
    http://fr.wikipedia.org
    [5] M. M. Diakité,
    www.defense.gov , www.cs.utexas.eduwww.internetsociety.org
    [6] M. M. Diakité, 
    www.internetworldstats.com
    [7] M. M. Diakité, Digitale Gesellschaft : 
    www.digitalegesellschaft.de
    [8] M. M. Diakité,
    www.wikihow.com
    [9] M. M. Diakité,
    fr.wikipedia.org
    [10] M. M. Diakité,
    www.itu.int
    [11] Broadband commission,
    www.broadbandcommission.org, royal.pingdom.com
    [12] M. M. Diakité,
    www.oAfrica.com, www.humanipo.com
    [13] Google Fusion Table:
    www.google.com
    [14] M. M. Diakité,
    manypossibilities.net/african-undersea-cables
    [15] M. M. Diakité, Alex Twinomugisha:
    www.ictworks.org
    —–
    Autres Réferences

    https://commons.wikimedia.org
    http://www.adjectif.net
    http://africa-trends.com
    http://www.itnewsafrica.com
    http://www.arisenigeria.org
    https://de.wikipedia.org/wiki/Internet
    http://www.microapp.com
    http://www.stanford.edu
    http://www.service-kubitza.de
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet
    http://en.wikipedia.org
    http://gregorio.stanford.edu
    http://whiteafrican.com
    http://www.nationmaster.com
    http://www.oecd.org
    http://donnees.banquemondiale.org
    http://de.slideshare.net
    http://www.comreg.ie
    http://www.telegeography.co
    http://www.bcg.com/

    One response to “L’Internet, machine titanique planétaire de la société de l’Information: historique sommaire, état des lieux et perspectives pour l’Afrique”

    1. Bonjour,

      Bravo pour votre site. Ci-joint une série de trois articles sur les récents déploiements de fibre optique:

      En 2002, le continent africain n’était connecté à la toile mondiale que par un seul câble sous-marin à fibre optique [1]. L’accès à Internet montre que la largeur de bande internationale disponible en Afrique subsaharienne était de 80 gigabits par seconde. La capacité se situera à 10 Tb/s début de l’année 2012, soit 120 fois la capacité mesurée en 2008 [2]. Cette fabuleuse croissance est le résultat cumulatif du déploiement et de l’entrée en service du câble de SAT3, Seacom, le Système Marin d’Afrique orientale et le câble de GLO-1). D’autres systèmes de Câble sous-marin sont également prévus en l’Afrique orientale et le câble de WACS au courant de l’année 2012.

      http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article111&lang=fr

      Aussi:

      http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article162

      Aussi:

      http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article86

      Bonne lecture,

      Eric-N. Thibeault

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