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    Les convoitises sanglantes sur les ressources énergétiques immenses d’Afrique

    «Avec l’Amérique Latine, l’Afrique de l’Ouest constituera, selon toutes nos prévisions, une des sources d’approvisionnement en rapide croissance dans le marché américain de pétrole et de gaz. Le pétrole africain est de tendance de haute qualité et contient peu de soufre, ce qui rend ce pétrole approprié pour satisfaire aux normes rigoureuses de raffinage des produits pétroliers, et lui permettant de prendre une part accrue au marché des Centres de raffinage sur les Côtes Est et Ouest des U.S.A.» National Energy Policy Report, Office of Vice President Richard Cheney, May 16 2001. 

    Le «African Oil Policy Initiative Group» alors sous la direction de l’ancien Vice Président des Etats-Unis Richard Cheney, a suggéré, dans son rapport «African Oil: A Priority for U.S. National Security And African Development», l’approvisionnement du marché du pétrole américain à hauteur de 25 % (contre 18 % en 2009) par le marché pétrolier africain à l’horizon 2015.

    La justification politique de classer désormais l’Afrique de l’Ouest, plus particulièrement le Golfe de Guinée, comme «Zone d’intérêts vitaux» des Etats-Unis d’Amérique est alors toute apportée par Mr. Cheney. Ceci prend évidemment en compte un volet militaire qui prévoit l’implantation d’une base militaire américaine en Afrique de l’Ouest. Les U.S.A sont actuellement activement à la recherche d’un endroit stratégique en Afrique de l’Ouest qui abritera une base militaire américaine pour protéger les intérêts américains dans cette partie du monde. Ce Centre de Commandement se nomme «United States Africa Command» ou «AFRICOM».

    Remarque

    Il est à noter que quelque soit l’Administration Américaine en place, un seul objectif en politique étrangère est toujours gardé: celui de la sauvegarde et de la défense des «intérêts vitaux» américains. La défense des «intérêts vitaux» des Etats-Unis se traduit par des concepts récurrents à: l’intégrité du territoire américain, la sauvegarde des intérêts nationaux économiques, stratégiques ou politiques et le pouvoir militaire. Cependant, un aspect, bien plus libéral, mais très controversé, s’ajoute à la doctrine des «intérêts vitaux» américains, c’est celui qui véhicule la démocratie et le libéralisme économique dans le monde afin d’«assurer la paix».Afrique: Pétrole et Gaz

    Avec 9,6 % des réserves prouvées de pétrole de la planète, le continent africain est plus que jamais au centre de tous les appétits et toutes les convoitises. L’Afrique au sud du Sahara occupe 7 % des réserves prouvées de pétrole dans le monde. Produisant autant que l’Iran, le Venezuela et le Mexique réunis (12,5 %), soit environ 12,6 % de la production mondiale en 2009, la production pétrolière africaine a progressé de 40% entre 1990 et 2004 et pourrait atteindre 15% de la production mondiale en 2020.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Comme le pétrole, l’Afrique possède d’immenses réserves prouvées de gaz, soit 8 % des réserves mondiales. Elle produit 3,2 % du gaz mondial.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

    La France et le pétrole africain

    La politique énergétique africaine de la France, pour des raisons évidentes de corruption, a toujours été opaque. C’est ainsi que quelques rares chiffres disponibles livrent 11.2 % en 1973 et 8.8 % en 2000 comme importations françaises du pétrole provenant de l’Afrique au sud du Sahara (ECON Report no. 2004-063, Project no. 41360).

    Investissements en hausse dans les secteurs pétrolier et gazier africain

    Avec les chiffres donnés ci-haut, le continent africain attire les investissements des grandes multinationales du secteur pétrolier. Les investissements sur le continent ont progressé de 4% en 2009 alors qu’ils ont chuté de 16% au niveau mondial.
    En raison de la faible consommation du continent africain de son pétrole, seulement 3,7 %, la plus grande part du pétrole et du gaz africain est exportée principalement vers l’Europe, les U.S.A,  la Chine, l’Inde et le Brésil.

    L’intensification des investissements pétroliers et gaziers consacrés par les multinationales à l’Afrique démontre cette tendance. Selon une estimation de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) dans son rapport annuel World Energy Outlook 2008 (WEO 2008), les investissements cumulés en exploration et production en Afrique pour la période 2007-2030 atteindraient près de 1200 milliards de dollars US (valeur de référentielle du dollar de 2007), soit en moyenne plus de 50 milliards de  dollars US annuellement. Ce total représenterait en moyenne 14% des investissements mondiaux du secteur pendant la même période. L’Afrique deviendrait, selon l’estimation de l’AIE, l’une des zones les plus actives de la planète, car les investissements cumulés pendant la période 2007-2030 y seraient supérieurs à ceux prévus dans des zones comme la Russie, l’Amérique Latine ou l’Asie et seraient même supérieurs à ceux prévus au Moyen-Orient (1128 milliards de dollars US référence 2007)

    Les Multinationales pétrolières actives en Afrique

    L’Afrique est devenue l’un des continents où de nombreuses et importantes compagnies pétrolières et gazières s’y implantent. Environ 400 entreprises d’hydrocarbures et dérivées, opèrent ou détiennent des participations dans l’économie africaine. Outre les compagnies appelées «majors», y opèrent de plus en plus des centaines de compagnies de petite et moyenne taille, appelées les «independents».

    Les compagnies nationales, qui ont été créées dans les pays producteurs africains de pétrole et de gaz au cours des quatre dernières décennies, exercent également un rôle important.

    En Afrique existent environ 40 sites offshores très profonds où l’utilisation des techniques et technologies pétrolières les plus avancées, dont seules les grandes multinationales en possèdent, est exigée.

    L’Afrique représente pour ces grandes compagnies une part croissante de leurs activités et de leurs investissements. Les compagnies européennes, comme Total-ELF (France), Shell (Hollande), BP (Grande Bretagne), Eni (Italie) et Repsol (Espagne), ont été traditionnellement les plus actives. Ainsi, pour Total-ELF, le premier producteur mondial de pétrole en Afrique, ce continent représente 45% de sa production mondiale de pétrole et 14 % de celle de gaz en 2008 (soit en moyenne 33% de sa production d’hydrocarbures au lieu de 29% en 2000). En termes d’investissements en exploration et production, la part du continent dans ses investissements mondiaux du secteur est passée de 19% en 2000 à 33% en 2008, ce qui en fait, selon Total-ELF, «l’un des pôles de croissance du groupe». Pour Eni, en 2008, 54% de sa production pétrolière sont réalisés en Afrique.

    Les compagnies américaines, tant les «majors» que les «independents», deviennent également de plus en plus actives en Afrique, confirmant ainsi que depuis plusieurs décennies l’Afrique est une nouvelle priorité des Etats-Unis en matière d’approvisionnement énergétique et de relations commerciales. Les exportations de l’Afrique vers les Etats-Unis ont dépassé 85 milliards de dollars. Par exemple, ExxonMobil est aujourd’hui devenu le second producteur mondial de pétrole en Afrique. La part du continent dans ses investissements a doublé en dix (10) ans, progressant de 9% en 2000 à 22% en 2004 et 21% en 2008. L’Afrique représente actuellement 29% de la production mondiale de pétrole d’ExxonMobil; sa production y a plus que doublé en six (6) ans.

    L’importance pour ces compagnies européennes et américaines dans la part de la production pétrolière africaine, bien supérieure à celle atteinte globalement par l’Afrique dans la production mondiale de pétrole (actuellement 12,6%), et la forte progression récente de leurs investissements dans ce continent laissent présager que les activités d’exploration et de développement des découvertes continueront à y progresser tant que les conditions contractuelles et fiscales encourageront à y investir.

    Les compagnies asiatiques, notamment les compagnies chinoises (China National Petroleum Corporation, CNPC, China Petrochimical Corporation, Sinopec, China National Offshore Oil Corporation, CNOOC), japonaises, indiennes, malaisiennes, coréennes, certaines compagnies du Moyen-Orient, d’Amérique latine et de Russie font également irruption sur le marché du pétrole et du gaz africain. En termes d’investissements, les compagnies pétrolières chinoises, avec environ dix (10) milliards de dollars US d’investissements en 2008, y ont été très actives au cours de la dernière décennie, en particulier en Afrique de l’Ouest. La Chine a signé un contrat de 23 milliards de dollars U.S. avec le Nigéria en Mai 2010.

    Pourquoi les convoitises violentes sur les ressources stratégiques de l’Afrique

    Actuellement, l’Afrique ne possède qu’une fraction des réserves mondiales prouvées de pétrole, environ dix pourcent, contre environ 62 % pour le seul Moyen-Orient. Mais les analystes avertis du secteur croient comme fer que d’énormes quantités d’hydrocarbures bruts non encore découvertes dorment dans les profondeurs maritimes et dans les sous-sols d’Afrique. Le Golfe de Guinée en est particulièrement concerné. Pour illustration sur ce fait voir le tableau ci-dessous sur les quantités d’hydrocarbures non-découvertes du Golfe de Guinée de «US Geological Survey» (USGS) Bulletin 2207-C. Cette étude sérieuse sur les potentialités énormes en ressources énergétiques stratégiques que regorge le continent africain aiguise bien d’appétits et convoitises.

    Le Golfe de Guinée

    Le Golfe de Guinée, plus largement, s’étend sur toute la côte de l’Océan Atlantique à l’Ouest de l’Afrique du Sénégal jusqu’au Cap en Afrique du Sud. Les pays non côtiers (hinterland) d’Afrique de l’Ouest et du Centre sont plus ou moins pris en compte dans cette limite géographique. Le découpage du Golfe de Guinée selon «US Geological Survey» (USGS) Bulletin 2207-C se fait comme suit:
    – Senegal Province (Sénégal, Gambie)
    – Gulf of Guinea Province (Guinée Conakry, Gunée Bissau, Libéria, Siera Léone, Cote d’ivoire,   Ghana, Togo, Benin)
    – Niger Delta Province (Nigeria, Cameroun)
    – West-Central Coastal Province (Gabon, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Angola)
    – Orange River Coastal Province (Namibie, Afrique du Sud)
     

    Résumée de l’estimation de la moyenne des volumes non-découverts du pétrole et du gaz liquide conventionnel pour les sites non-découverts d’Afrique au Sud du Sahara, «US geological Survey» (USGS) Bulletin 2207-C, voir Tableau 3, ci-dessous.

     

    Les chiffres dans le Tableau 3 illustrent à suffisance l’importance géostratégique de l’Afrique pour les puissances régionales africaines (Nigéria, Libye, Maroc, Afrique du Sud), occidentales (France, U.S.A, Grande Bretagne, Belgique, Espagne), orientales (Chine, Japon, Inde, Israël), d’Amérique du Sud (Brésil). Il est à noter que les côtes ouest-africaines sont militairement plus facile à accéder par les puissances étrangères.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le rapport «African Oil: A Priority for U.S. National Security And African Development» du «African Oil Policy Initiative Group» nous révèle:

    Etant donné que le Golfe de Guinée est entrain d’émerger comme un nouveau centre de gravité énergétique et des «intérêts vitaux» américains, Washington a besoin de travailler avec ses alliés régionaux pour développer des initiatives en politique étrangère qui aident à un alignement à long terme (de l’Afrique). Ces initiatives pourraient favoriser à une relation U.S – Occident – Afrique définie par:

    un nouveau et vigoureux focus de la Coopération militaire des U.S.A en Afrique au Sud du Sahara, qui inclue la construction d’une structure de commande sub-unifié qui pourrait produire des dividendes significatives dans la protection des investissements américains, en améliorant le niveau du professionnalisme et le sens de l’obéissance militaire au leadership civil, et dans la confrontation coopérative et l’élimination globale et régionale du terrorisme, …

    Ainsi donc, pour n’importe quel observateur africain l’ultime doute sur les intentions réelles de l’Occident sur l’Afrique est levé. Il s’agit pour l’Occident d’avoir l’accès illimité, et sans conditions préalables posées par les africains, aux ressources du continent.

    Forcer l’implantation d’un simulacre de démocratie en Afrique, en larguant des milliers de tonnes de bombes à destruction massive sur les populations pour hisser de force de piètres administrateurs au sommet de nos états, n’est tout simplement qu’un leurre, bien mesquin et destabilisateur, pour arriver à cette fin. La destruction de la Cote d’Ivoire et de la Libye en ces moments mêmes par les occidentaux en témoignent.

    Les africains peuvent – nous n’avons d’ailleurs pas d’autres choix – résister à cet instinct des Occidentaux de faire profiter au maximum leurs populations des ressources immenses de l’Afrique et de condamner les africains à se faire des guerres fratricides destructrices insensées pour nous plonger dans la dépendance éternelle d’eux.

    Pour ce faire, de larges couches des populations africaines doivent définitivement bien comprendre le fonctionnement du système de domination politique, culturel et socioéconomique de l’Occident. Cela exigera de chacun de nous des sacrifices personnels élevés, plus d’accès à l’éducation, une conscientisation renforcée sur nos conditions de vie et droits à disposer nous-mêmes de nos ressources et la formation massive accélérée à tous les niveaux de nos populations. Des populations bien éduquées et informées sur leurs droits possèderont ainsi des armes efficaces pour revendiquer et obtenir à disposer des ressources dont elles sont propriétaires.


    BP, www.bp.com
    U.S. Energy Information Administration (EIA),
    www.eia.gov
    Agence Internationale de l’Energie, (AIE),
    www.iea.org
    CODESRIA, «Repenser le développement africain: au delà de l’impasse, les alternatives», Déc. 2005, Maputo, Mozambique, Le Golfe de Guinée face aux convoitises, AWOUMOU Côme Damien Georges, Sept. 2005
    African Oil Policy Group,
    «African Oil: A Priority for U.S. National Security And African Development»
    Le pétrole et le gaz naturel en Afrique: Une part croissante dans l’approvisionnement énergétique mondial
    , Géostratégie n° 25 10/09, Honoré LE LEUCH,
    http://leleuch.com
    Geology and Total Petroleum system of the Gulf of Guinea Province of West Africa, U.S. Geologycal Survey Bulletin 2207-C
    Afrique Avenir,
    www.afriqueavenir.com

    One response to “Les convoitises sanglantes sur les ressources énergétiques immenses d’Afrique”

    1. Marcie says:

      bjr je m’appelle Marcie je vous ecris depuis le Cameroun et votre article m’a plu et j’espere à travers votre blog pouvoir acquérir de nouvelles connaissances ds le but d’éveiller ma réflexion et aussi echanger avec d’autres personnes comme moi.je suis en master 2 en etudes stratégiques.pourrais je egalment recevoir des articles et des documents sur tout ce qui concerne les Relations internationales?merci

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