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    La Globalisation: les faits, les chiffres et la critique constructive de Bertelsmann Stiftung

    Rarement un thème est aussi intensément débattu avec controverse et passion comme la globalisation. Pendant que les uns l’associent au rapprochement des cultures, à la croissance économique mondiale et à des possibilités d’épanouissement jusque là inconnues. Les autres au même moment en craignent la dominance de l’Economie, la perte de la diversité régionale, l’exploitation effrénée de l’environnement et aussi comme le fossé de plus en plus grandissant entre „riches“ et „pauvres“.

    Surtout la baisse relative des prix de transport et de communication ouvre la voie à de nouvelles stratégies de production, de commercialisation, de découverte de débouchés et des échanges mondiaux généralisés.
    La globalisation (mondialisation) est le processus d’intégration des marchés qui résulte de la libéralisation des échanges, de l’expansion de la concurrence et des retombées de l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication performantes à l’échelle planétaire.
    Elle se manifeste par l’interconnexion (l’interdépendance) croissante des économies (mondialisation économique) et l’expansion des échanges et des interactions humaines.
    L’effet est l’extension progressive à tous les pays du monde de libertés dont chacun, citoyen ou entreprise, ne jouissait autrefois qu’à l’intérieur de son propre pays, s’il était “libre” : liberté de se déplacer, d’investir, de produire, de travailler, de vendre, d’informer…
    «La mondialisation pourrait donc être définie comme l’extension à l’échelle mondiale d’enjeux qui étaient auparavant limités à des régions ou des nations.»
    Aspects et Facteurs essentiels de la globalisation contemporaine
    Trois (3) facteurs essentiels caractérisent la forme actuelle (XXe siècle et XXIe siècle) de la mondialisation:
    • la faiblesse des coûts de transport au regard des écarts des coûts de production (au sens économique du terme), qui touche essentiellement les biens matériels
    • la baisse des coûts de communication au niveau mondial, qui touche la diffusion sous forme numérique des informations, y compris financières.
    • grâce aux nouvelles technologies de pointe de communication et télécommunication, de plus en plus d’informations circulent à grandes vitesses. L’Internet est certainement le média le plus représentatif pour caractériser la globalisation. Voir www.e.tech-blog.com ” L’Internet, machine titanique planétaire de la société de l’Information: historique sommaire, état des lieux et perspectives pour l’Afrique”
    Autres dimensions multiples de la Mondialisation
    En plus de l’aspect de la mondialisation économique et des marchés financiers, de l’élargissement des échanges de biens et de services, il convient d’ajouter :
    • l’aspect culturel et sportif
    • l’aspect politique
    • l’aspect sociologique de la mondialisation résumé par Zygmunt Bauman, sociologue et professeur émérite des Universités de Varsovie et de Leeds : « La mondialisation est inéluctable et irréversible. Nous vivons déjà dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance à l’échelle de la planète. Tout ce qui peut se passer quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs. Lorsque les mesures à adopter ont évolué dans un endroit donné, il faut prendre en compte les réactions dans le reste du monde. Aucun territoire souverain, si vaste, si peuplé, si riche soit-il, ne peut protéger à lui seul ses conditions de vie, sa sécurité, sa prospérité à long terme, son modèle social ou l’existence de ses habitants. Notre dépendance mutuelle s’exerce à l’échelle mondiale (…) »
    • l’aspect géographique : la mondialisation est une réalité en termes de couverture spatiale large du globe des activités humaines multiples.
    •l’aspect managérial de la mondialisation consiste en la (de)localisation partielle ou entière  de sites et/ou fonctions de moyennes et grandes entreprises à l’échelle mondiale en fonction du critère de coût de production. Le libéralisme économique règne désormais en maître absolu sur la planète depuis 1989.
    Evolution du commerce transfrontalier, 1960-2012
    Il  existe peu  d’indicateurs appropriés que l’accroissement de la portée économique de l’exportation de produits ou respectivement le changement du ratio échanges de marchandises et la production mondiale pour décrire la globalisation. L’exportation mondiale réelle – mesurée en prix constant – a augmenté du facteur de 15,6 et la production du facteur 5,3 de 1960 à 2008 (année du début de la crise économie et financière mondiale). L’exportation mondiale a accru de 5,9% et la production  de 3,5 % en moyenne par an pour la même période.  En conséquence la part de l’exportation dans le Produit Intérieur Brut (BIP) mondial a augmenté de 9,7 % à 26,3 % de 1970 à 2008. Voir Diagr. 1. Cependant de 2008 á 2009, suite à la crise économique et financière globale la part de l’import-export dans le Produit Intérieur Brut (BIP) mondial a dégringolé de 53,1% à 43,4 %. Cette perte est entièrement récupérée de 2009 à 2010. L’exportation mondiale réelle augmenta de 2,4 % pour atteindre son plus haut niveau jamais mesuré en 2012, selon la Bundeszentrale für Politische Bildung.
    Le tourisme, une clé du développement, de la prospérité et du bien-être
    Le nombre sans cesse croissant de nouvelles destinations a ouvert des opportunités d’investissements dans le tourisme, le permettant d’être un moteur important du progrès socio-économique à travers la distribution de revenus, la création d’emplois, d’entreprises et d’infrastructures de développement.
    Depuis 1950 le tourisme connait une expansion progressive et diversifiée, devenant un des secteurs économiques les plus larges et compétitifs au monde. Beaucoup de nouvelles destinations touristiques émergent à coté de celles traditionnelles d’Europe et d’Amérique du Nord.
    Malgré des chocs occasionnels, le tourisme international à l’arrivée a constamment augmenté, passant de 25 millions en 1950, 278 millions en 1980, 528 millions en 1995 et 1035 millions en 2012. Voir Diagr. 2.
    Le tourisme dans le monde: les indicateurs majeurs
    Selon UNWTO (United Nations World Tourism, Tourism Highlight 2013 Edition), le tourisme représente 9% du PIB (direct, indirect et impacts socio-économiques associés) mondial, 1 emploi sur 11, 1,300 billion $US d’exportation, 6% du commerce transfrontalier mondial, 5 à 6 mrds de touristes domestiques, 1,8 mrds de touristes transfrontaliers prévu pour 2030
    Cette croissance significative du tourisme touche toutes les régions du monde.
    Le Produit Intérieur Brut Mondial
    Le PIB mondial se chiffre à environ 55300 milliards de dollar US en 2013. Les économies développées totalisent environ 65 %, soit 35770 de ce montant, les économies en développement 30%, soit 17060, L’Afrique 2.3% soit 1282 milliards de $US.
    Les cinq (5) premières puissances économiques (USA, Japon, Allemagne, China et la Grande Bretagne), à elles seules, ont une part de 29450 mrds $US, soit 53%.
    La Chine occupe la deuxième place avec 4832 milliards $US, soit 8,7% après les Etats-Unis. Voir Diagr. 3.
    Pendant que la croissance réelle du PIB par habitant dans les économies développées était encore substantiellement au dessus de celle observée dans les pays en développement jusqu’à 1990, ce rapport s’est fondamentalement inversé depuis. Dans des cas comme en Chine et ailleurs dans les pays en développement l’accroissement du BIP par habitant a été trois (3) fois plus élevé que dans les pays à économies développées. Voir  Tab. 1.
    L’Afrique a connu une décroissance de son PIB/habitant de 0,5 % pour la période 1981-1990. La Communauté des Etats Indépendants (CEI) qui comprend l’ex URSS a perdu 1,8 % avec une chute moyenne de 4 % pour la seule décennie 1991-2001 du PIB. Voir Diagr. 4.
    Cette forte croissance du PIB des pays en développement s’explique par la forte demande en produits bruts, semi-manufacturés et manufacturés à travers le monde, surtout aux USA. L’Asie profita considérablement de cette situation, en réussissant au même moment à attirer des parts importantes d’investissements étrangers directs et à significativement augmenter ses exportations de produits manufacturés vers le reste du monde.
    L’amélioration des „Terms of Trade“ a permis la relance vigoureuse de l’économie en l’Afrique (principalement en l’Afrique de l’Ouest) à partir de 2000. Ce continent enregistre une croissance annuelle moyenne d’environ 4 % depuis 2001. Cependant le PIB réel par habitant, pour des raisons démographiques, de climats d’affaires opaques et d’instabilités politiques, n’augmente en moyenne par an que d’environ 2,2 % pour la période citée. Voir Tab. 2, ci-haut et Diagr. 5, ci-dessous.
    Demande mondiale en énergies primaires (Pétrole, Gaz naturel, Charbon, Electricité, Nucléaire, Energies renouvelables), 1980-2010
    La demande mondiale en énergies primaires augmente parallèlement à la croissance des échanges commerciaux et à la production de biens depuis 1971. Selon l’International Energy Agency (IEA) la demande mondiale en énergies primaires augmenta de 80 % de 1980 à 2010, soit de 283 quadrillions Btu à 510 quadrillions Btu (Britsh thermal unit américain). Cette forte augmentation de la demande en énergies primaires correspond à une croissance annuelle moyenne mondiale de 2 %. Voir Diagr. 6.
    En 2010 pour la première fois la Chine occupe la première place des Nations devant les Etats-Unis pour la demande en énergies primaires avec respectivement 101 quadrillions Btu (soit 20 %), 98 quadrillions Btu (soit 19,2 %), selon IEA.
    Pour l’année 2011 la répartition de la consommation des énergies primaires est donnée par Diagr. 7
    L’Indice des prix des matières premières
    Depuis les années 1970, les prix des matières premières énergétiques ont connu leur niveau le plus bas en Décembre 2001 avec un indice de $US 36,41. En 2008 et 2011 les indices des prix étaient au plus haut avec respectivement $US 182 et $US 188. La flambée du prix du pétrole a aussi certainement influencé l’indice des prix des matières premières énergétiques, qui a atteint son niveau record de $US 246,44 en Juillet 2008. Pour les matières premières non-énergétiques (métaux non-énergétiques, produits agricoles, alimentaires et de boissons et matières de base, fertilisants), il est à constater un indice des prix à haut niveau, atteignant une moyenne de $US 210 en 2011, mais sous forte variations en général depuis 1970. Ce qui explique aussi les émeutes de la faim régulières dans les pays pauvres et aussi ailleurs dans le monde. Voir Diagr. 8.
    Les métaux précieux sont généralement restés chers. L’or par exemple a atteint son indice des prix le plus élevé de son histoire avec $US 1670 en 2012, Voir Tab. 3.
    Le baril du pétrole s’est acheté au prix record de $US 132,83 en 2008, pour être à $US 99,74 en 2013, selon la banque Mondiale.
    En général les fortes fluctuations des prix des matières premières peuvent être imputées à l’influence du cours du dollar américain et à l’impossibilité de faire des prévisions exactes sur leurs évolutions. Aussi les exportations des matières premières constituent une part très importante des recettes des Etats exportateurs. Les excédents sur les exportations sont donc indispensables à la stabilisation de l’économie générale de ces pays. Dès que ces excédents manquent aux budgets nationaux et au même moment les dépenses des états, qui sont souvent couplées aux dettes, augmentent, la hausse des prix des matières premières ne conduit pas à une amélioration de la situation économique. Au contraire cette situation provoque une détérioration structurelle du budget public et de la balance des comptes.
    Par conséquence un objectif important des états exportateurs de matières premières devrait être de diminuer la dépendance entre les dépenses et la fluctuation des recettes sur les exportations des matières premières. Pour y arriver la Norvège suivie par certains pays exportateurs de matières  premières ont mis en place des fonds de compensation pour durablement sécuriser les recettes étatiques provenant du commerce des matières premières ou respectivement réguler les dépenses dans le temps.
    La globalisation et les flux de capitaux transfrontaliers
    La caractéristique qui paraissait pertinente pour décrire la globalisation était les flux gigantesques transfrontaliers de capitaux. Il y a environ trois (3) décennies la tendance constante à la hausse vertigineuse de la globalisation des finances semblait être impossible à stopper. Tellement les économies se rapprochaient davantage, de nouvelles technologies et l’accès à de nouveaux marchés propulsaient les flux de capitaux transfrontaliers à des records historiques. Mais la grande crise économique et financière de 2007-2009 a, pour un moment, mis fin à cette ère de croissance rapide des mouvements de capitaux à travers la planète. Trois (3) années plus tard le stock des capitaux transfrontaliers a atteint 219 billions $US contre 206 billions $US en 2008 (à son maximum avec 206 billions $US pendant la crise). Au 2ème Semestre 2012 ce stock est arrivé au niveau record de 225 billions $US, selon Mckensey&Company. Mais il est à noter que la croissance des stocks de capitaux transfrontaliers s’est ralentie depuis 2007. Voir Diagr. 9.
    Fortune Global 500
    Top 10 du classement 2012 des Global Players (non-comprise la branche des finances)
    Chaque année le magazine Fortune Global 500 (Forbes magazine, CNN) publie la liste des 500 grandes entreprises du monde selon leurs chiffres d’affaire. Selon la liste de 2012 les 10 grandes entreprises du monde ont eu un chiffre d’affaires de 3671,8 mrds $US. Pendant qu’aucune compagnie chinoise ne figurait encore sur cette liste en 2000, en 2012 il y existe trois (3). Voir Tab. 4
    Cette liste ne comporte pas la branche des finances, qui a subi de plein fouet la crise financière et économique 2007/2008. Ses pertes  pendant  cette crise se chiffrent à 2280 mrds $US selon le FMI.
    Le changement climatique
    Selon Climatic Research Unit (CRU), voir Diagr. 10 [*] la température globale moyenne à la surface de la terre augmente constamment depuis la mi-19 ème siècle. En même temps que l’effet de serre naturel empêche le refroidissement de la terre, la majorité des scientifiques du climat estime une hausse continue de la température globale à la suite des activités anthropogènes. Le gaz carbonique (CO2) constitue plus de 60 % des gaz à effet de serre qui sont produits par les activités humaines. Selon Global Carbon Atlas, l’émission globale totale de CO2 a atteint 35418 millions de tonnes [MtCO2] en 2012.
    Les simulations climatiques du Max-Planck-Institut montrent une augmentation de la température globale moyenne de 2,5 °C à 4,1 °C (chiffres conservatifs) d’ici 2100 si des efforts substantiels pour atténuer la montée de la température globale ne sont pas maintenant consentis par tous. Les conséquences dramatiques du réchauffement global de la surface de la terre sont multiples (les inondations, montées du niveau des mers et océans, sécheresses, montées en puissance des maladies infectieuses, etc.).
    Cependant The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) estime dans son rapport actuel « Climate Change 2014 : Mitigation of Climate Change » à seulement 0,06 % la réduction de la croissance économique mondiale annuelle – de 2,3 % à 2,24 % – pour maintenir l’augmentation de la température globale moyenne de la terre en dessous de 2 °C. Ceci ne prenant pas en compte l’estimation de $US 615 à $US 803 brds d’avantages en termes économiques, ou de libération d’immenses ressources résultant de l’élimination de la pollution dans l’air.
    [*] … Anomalie de la température = déviations de la température normale moyenne annuelle
    Les langues „universelles“ et l’éducation à lère de la globalisation
    Les langues “universelles”
    Le nombre de personnes parlant plusieurs langues a constamment augmenté dans le monde à travers la globalisation.
    Parallèlement aux langues maternelles, les langues dites „universelles» sont utilisées dans la diplomatie, la politique, la science, le commerce et le tourisme. L’anglais est la langue la plus parlée au monde par rapport à l’étendue de sa zone de couverture géographique (59 pays, parlée par 510 millions de personnes, y compris l’anglais comme deuxième langue). Le mandarin est la langue la plus parlée par rapport au nombre de personnes qui la parle (environ 1,4 milliards), mais elle n’est parlée que principalement dans trois (3) pays (la Chine, Singapour et Taiwan). Selon l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), il existerait 220 millions de francophones repartis dans plus de 70 pays à travers le monde.
    La suprématie de l’anglais dans le monde s’explique par l’hégémonie politique et économique américaine héritée de l’empire britannique. Il est à noter que la langue “par excellence”de la science, technique et technologie et de l’internet est l’anglais.
    L’éducation à l’exemple de l’apprentissage de la lecture par téléphone mobile
    L’Unesco, dans son rapport « Reading in the Mobile Era: A Study of Mobile Reading in developping countries», publié en 2014, estime à 774 millions d’adultes et 123 millions de jeunes à travers le monde, qui ne peuvent ni lire ni écrire. Cette situation est à mettre en relation directe avec le manque de livres dans de larges régions du globe. Beaucoup d’africains, par exemple, ne possèdent pas un seul livre. Pourtant selon l’Unesco dans la même étude environ 6 milliards de personnes à travers le monde ont accès à un appareil mobile fonctionnel. Cette étude pilote de l’Unesco a concerné au total 4000 personnes en Ethiopie, au Ghana, en Inde, au Nigéria, Pakistan, en Ouganda et au Zimbabwe ayant accès, à partir d’applications d’appareils mobiles, aux matériels de lecture. Comme résultat un tiers des participants pouvait lire des contes aux enfants avec l’aide de leur portable. Environ six (6) fois plus de femmes que d’hommes peuvent lire sur leur portable. Dans l’ensemble les participants (hommes et femmes) lisent sans l’aide du portable, une fois qu’ils ont appris à lire avec celui-ci. En plus selon l’Unesco dans cette étude beaucoup de personnes utilisent les techniques informatiques mobiles pour rendre les textes lisibles par rapport à leur aptitude de lecture.
    Les organisations humanitaires
    La globalisation a renforcé l’interconnexion des économies mais a aussi permis d’élargir et de densifier les réseaux sociaux pour universaliser beaucoup d’idées. Etant entendu pour tous que les problèmes sociaux et écologiques globaux trouvent des solutions adéquates seulement dans un cadre global. Voir les travaux de Zygmunt Bauman. En conséquence les grandes organisations humanitaires (CARE  International, Oxfam International, World Vision International, International Save the Children Alliance, Médecins Sans Frontières, etc) ont développé des stratégies comme les grandes entreprises internationales pour être présentes partout sur le globe. Les acteurs humanitaires drainent désormais des milliards de dollars par an en termes de collectes de fonds et de budgets propres de fonctionnement.
    Autres Aspects importants de la globalisation
    La pauvreté, le travail des enfants, les réfugiés, les ONG, l’ONU, la CPI, la malnutrition, fast foods, l’audiovisuel sont aussi des aspects importants de la globalisation, et qui ne seront pas traités dans cet article.
    Qui profite plus de la Globalisation
    Résumé de l’étude de Bertelsmann Stiftung “Globalisierungsreport 2014: Wer profitiert am stärksten von der Globalisierung?“
    Comme définie dans l’introduction de cet article, la globalisation peut être comprise comme l’interconnexion économique et socio-politique à l’échelle globale.
    Cette interconnexion (interdépendance) conduit à la croissance économique, et donc à l’augmentation du bien-être matériel des humains. En moyenne, plus la densité de l’interconnexion d’un pays avec le reste du monde est élevée, plus sa croissance économique est forte.
    Cependant, selon l’étude de Bertelsmann Stiftung, cette approche “populaire” presque d’équivalence exclusive entre “globalisation” et “croissance économique (du commerce mondial)” ne rend pas justice au concept de “globalisation”.
    Un consensus large étant acquis que la globalisation améliore la croissance économique des pays qui y participent activement, Joseph Stiglitz insiste tout de même sur la prise en compte des aspects du flux des idées et des connaissances, du partage des biens culturels, de la société civile et du mouvement écologique à l’échelle planétaire pour élargir et compléter le concept de “globalisation”.
    L’étendue réelle et exacte des retombées du phénomène de la globalisation ne peut être à ce jour suffisamment évaluée. Pour la première fois Bertelsmann Stiftung dans son étude citée ci-haut a analysé et mesuré, en deux (2) étapes, les impacts de la globalisation sur le Produit Intérieur Brut de 42 pays à économies développées et émergentes pour la période 1990 – 2011:
    a) l’indice de globalisation, qui mesure la densité de l’interconnexion économique et socio-politique de chaque pays. Cet indice suit rigoureusement la méthodologie “KOF Globalization Index” de l’ETH Zurich. Il englobe des indicateurs économiques (données sur le commerce transfrontalier des biens et services, barrières douanières et les contrôles sur les mouvements des capitaux), sociologiques (le tourisme international, les flux de l’information et la part de la population née à l’étranger et la globalisation politique (l’adhésion aux organisations internationales, le nombre des ambassades étrangères accréditées dans le pays, contrats et traités internationaux ratifiés).
    L’indice de la globalisation est graduée de [0 – 100], où une forte densité d’interconnexion est représentée par une valeur plus élevée
    b) cet indice est utilisé pour mesurer l’impact de la globalisation afin de quantifier les gains en revenus dus à la globalisation
    Cours dans le temps de l’indice de la globalisation 1990-2011
    L’analyse du cours dans le temps de l’indice de la globalisation, voir Diagr. 11, montre que les petits pays comme l’Irlande, la Belgique et la Hollande ont les plus hauts niveaux d’interconnexion globale. Les grands pays comme la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud (RSA) mais aussi le Brésil prennent des positions substantiellement faibles. Mais ces pays progressent à pas de géant sur l’échelle de l’indice de la globalisation. La Chine a par exemple plus que doublé sa performance de globakisation, passant de 17 (1990) à 41 (2011). Pendant que la Belgique, la Hollande et l’Irlande ont achevé un très haut niveau de globalisation déjà en 2000.
    L’impact de la globalisation sur le PIB par habitant
    L’étude de Bertelsmann Stiftung révèle que de 1990 à 2011 l’augmentation d’un (1) point de l’indice de la globalisation engendre 0,35 pour cent de croissance du PIB dans les 42 pays en question. Ce faisant, les facteurs potentiels qui déterminent la croissance économique comme l’inflation, les dettes et dépenses publics sont prises en compte. Par exemple pour l’Allemagne la valeur de l’indice de la globalisation de 1990 à 2011 est de 0,76 points par an. En combinaison avec l’influence statistique de la globalisation sur la croissance économique, ce pays doit 0,27 % de sa croissance du PIB annuel par habitant à l’interconnexion avec le reste du monde. Ceci correspond à près de 20 % de la croissance moyenne du PIB par habitant pour la période indiquée.
    En examinant le PIB total, les économies japonaise, américaine et chinoise affichent les plus larges gains en revenus engendrés par la globalisation. L’Allemagne a eu des revenus (gains) cumulatifs de 2000 billions d’Euro de 1990 à 2011, Voir Tab. 5, soit 90 % de son PIB en 2011. Totalisant plus que les charges totales sur sa dette pour la période donnée.
    Le PIB par habitant est cependant l’indicateur le plus pertinent pour quantifier la prospérité individuelle. Pour cette raison cet indicateur est choisi pour mieux décrire l’impact de la globalisation. Cette approche pour quantifier les bénéfices de la globalisation change le classement des gagnants de la globalisation. Voir Tab. 6. Selon ce tableau les revenus (gains) les plus hauts mesurés reviennent à la Finlande, suivie du Danemark avec respectivement € 1500 et € 1420 par habitant et par an (1. et 2. place du classement). Les 10 premières places de ce classement sont occupées pour la plus part par les pays à “petites” économies, excepté l’Allemagne et le Japon. Ces pays peuvent être considérés selon le modèle de simulation choisie par Bertelsmann Stiftung comme des gagnants de la globalisation.
    Aussi  les pays à larges économies, incluant les BRICS (Brésil, Russie, Chine et RSA) occupent les dernières places. Les explications à cela se trouvent dans le niveau faible du PIB par habitant dans ces pays au départ (1990) de la période concernée par l’étude. Aussi, les plus-values gagnées dans les scores de l’indice de la globalisation par les pays à économies développées et émergentes ont été obtenues relativement tard. La Finlande et les autres économies gagnantes de la globalisation témoignent de l’augmentation des valeurs de leur indice de globalisation juste au début de la période de l’étude, qui conduisit aux revenus (gains) dus à la globalisation accumulés plus tôt (avant les 21 ans de la période choisie pour l’étude).
    Conclusion
    Le train de la globalisation est parti depuis longtemps pour tous. Il ne peut s’arrêter désormais que pour quelques moments dans des gares. Mais pour repartir à grande vitesse rempli de citoyens du monde dans leurs diversités avec de nouvelles idées, de biens de consommation, etc. pour la destination “plus de prospérité pour tous dans le monde”. Certains pays l’ont plus vite compris et ont pris ce train presque à temps. Voir ses impacts indéniables sur les économies de la Finlande et d’autres pays, grands gagnants de ce phénomène socio-économique et politique complexe planétaire. En réalité, il n’y a pas de perdants dans cette compétition globale. Tous y gagnent. Cependant le fossé entre ceux qui y profitent fortement et ceux qui y gagnent moins fortement est assez grand.
    A présent, la globalisation étant désormais une évidence, tout aussi la société humaine est en droit absolu de revendiquer sa mise sous contrôle de réglementations internationales appropriées.
    Pour tenter de combler ce fossé, une intégration de plus en plus forte des économies en développement (émergentes et sous-développées) dans le circuit économique mondial est indispensable. Les marchés des économies développées doivent s’ouvrir aux produits en provenance des marchés des pays moins développés. Les subventions des produits agricoles des pays développées (principalement l’Union Européenne et les USA) doivent être substantiellement réduites. Les mesures d’amélioration des performances de l’éducation scolaire de base, professionnelle et scientifique pour, notamment, les jeunes, les femmes dans les pays pauvres sont necessaires. Les financements de modernisation et de construction d’infrastructures industrielles de production, de transport, de communication, de tourisme, etc. dans les pays en développement devront être plus accessibles sur le marché des capitaux d’investissements.
    En retour, surtout pour l’Afrique, le combat contre la corruption généralisée et la kleptocratie est à prendre “à bras-le-corps”, de manière frontale et implacable. Il est nécessaire pour ce continent de travailler à la mise en place de “cultures” de systèmes modernes d’épargne, d’impôts et taxes adaptés aux réalités socio-culturelles locales. Une reforme fondamentale des systèmes d’impôts et taxes en vigueur dans les pays et ensembles sous-régionaux africains est envisageable dans l’objectif, par exemple, de création de “coopératives d’impôts et taxes communales”. Il convient d’alléger considérablement les dispositifs de barrières de contrôle à l’intérieur des pays même et ceux douaniers à l’intérieur des ensembles sous-régionaux pour renforcer la libre circulation des biens et des personnes. Les états africains devront continuer, avec fermeté, à réexaminer et réviser tous les accords et contrats miniers pour les adapter aux exigences de transparence dans la gestion des revenus inhérents à l’exploitation minière et de nos intérêts souverains en général. L’approvisionnement “sécurisé” en énergie électrique et d’autres formes énergétiques des populations et des circuits économiques est aussi une condition indispensable pour faire face aux enjeux de la globalisation. Des monnaies sous-régionales propres devront être battues à moyen termes pour aboutir à une monnaie continentale africaine à long termes. Les budgets nationaux souverains et sécurisés (majoritairement financés par les ressources nationales propres) sont recommandés avec insistance. Tous facteurs accompagnés d’une distribution équitable des ressources nationales aux populations respectives conduiront à la stabilité politique de l‘Afrique!
    L’Afrique du Sud, seul pays africain parmi les 42 objets de l’étude de Bertelsmann Stiftung, gagne à peu près en 21 ans le 1/10 des revenus par habitant générés par la globalisation en Finlande, soit respectivement $US 160 et $US 1500 pour la même période. Cependant le challenge de la globalisation peut être relevé par l’Afrique. C’est le continent avec un écosystème abondant,  riche en ressources naturelles énergétiques, agricoles, maritimes, etc. immenses. La population africaine est estimée à environ 1 milliard 600 millions d’habitants, majoritairement jeune,  pour  2030 par les nations Unies. Le potentiel en termes de marché de consommation et en ressources humaines est donc remarquable. La diaspora africaine effectue déjà une montée en puissance vers le continent et constitue de plus en plus un levier économique, financier, intellectuel et professionnel hautement qualifié et compétent stratégique pour son développement. Il ne reste plus aux élites africaines qu’à organiser les économies du continent en fonction de nos potentialités immenses et de besoins  en tout genre énormes!

    Liste de Reférences
    UNESCO : Mondialisation/Globalisation, www.unesco.org
    Wikipédia : Mondialisation, www.fr.wikipedia.org
    Mondialisation.ca :  Rapport sur le développement humain 2013 : des chiffres surprenants, www.mondialisation.ca
    UNCTAD :  Globalization and the shifting balance in the world economy, www.dgff.unctad.org
    UnitJuggler : www.unitjuggler.com
    Bundeszentrale für politische Bildung : Globalisierung, www.bpb.de
    Globalisierung Fakten : www.globalisierung-fakten.de
    Sipegel Online Wirtschaft : Studie : Deutschland ist einer der Globaliserungsprofiteures, www.spiegel.de
    Wikipédia: Economy of California, www.en.wikipedia.org
    brijith vijayan: auteur image headline image, www.123rf.com
    Setsiri Silapasuwanchai, auteur carte du monde, www.123rf.com
    JDN : Classement PIB : les pays les plus riches du monde, www.journaldunet.com
    Enerdata, Total energy consumption, www.yearbook.enerdata.net
    EIA : International Energy Statistics, www.eia.gov
    Hamburgisches WeltWirtschaftsInstitut (HWWI): Rohstoffpreisindex, www.hwwi.org
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    LISTVERSE : Top 10 most spoken languages in the World, www.listverse.com
    onlinekosten.de : Unesco-Studie : Mobiltelefone helfen lesen lernen, www.onlinekosten.de
    Climate Research Unit : Temperature, www.cru.uea.ac.uk
    Mckensey&Company : Finacial globalization : Retreat or Reset ?, www.mckensey.com
    Wikipedia : Fortune Global 500, www.de.wikipedia.org
    CNNMoney : Fortune Global 500, www.money.cnn.com
    Wikipedia : Zygmunt Bauman, www.fr.wikipedia.org
    Bertelsmann Stiftung : Globalisierungs Report : Wer profitiert am stärksten von der Globalisierung ?, www.bertelsmann-stiftung.de
    United Nations, Depatment of Economic and social affairs: World population prospects: T he 2012Revision, www.esa.un.org
    Global Carbon Atlas, www.globalcarbonatlas.org
    United States Department of Agriculture, Economic Research Service, International Macroeconomic Data Set, www.ers.usda.gov
    Max-Panck gesellschatf: www.mpg.de/institute
    Joseph Stiglitz: www.josephstiglitz.com
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