• Home
  • A propos de Moi
  • Contacte-Moi
  •  

    Forces de Défense et de Sécurité: Les dépenses militaires globales, 1988-2014

    «On peut difficilement contester l’existence d’une relation entre le développement économique, social et humain, d’une part, et la paix et la sécurité, de l’autre. La relation est complexe : tandis que la sécurité peut conduire au développement et le développement à la sécurité, aucun des deux n’est une condition suffisante de l’autre ni ne s’avère toujours nécessaire, à court terme. Mieux comprendre cette relation demandera davantage de recherche, basée sur une approche analytique
    des problèmes dans leur ensemble, plutôt qu’une tentative de résoudre les éléments séparément.»
    IAN ANTHONY, SIPRI, 2015

    Si la Déclaration du millénaire des Nations Unies en Septembre 2000 a souligné le rôle fondamental de la sécurité et de la stabilité dans le développement, celles-ci ne font cependant pas explicitement partie des cibles et des indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

    Encore que paradoxalement traditionnellement les Etats privilégient une gouvernance budgétaire et de dépenses militaires agressive qui engloutie des sommes énormes dans leurs systèmes de sécurité.

    Les dépenses militaires mondiales de 2012 sont estimées à 1740 Mrd US$, soit 2,37 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Ce qui représente 250 US$ par habitant de la planète. Ce montant global des dépenses militaires mondiales est d’environ 0,23 % inférieur à celui estimé en 2011 en "termes réels".

    Les dépenses militaires mondiales pour 2013 sont estimées à 1719 milliards US$, soit 2,23 % du PIB mondial. Ce qui représente 240 US$ par habitant de la planète pour cette année. Ce montant global des dépenses militaires mondiales est d’environ 1,22 % inférieur à celui estimé en 2012 en "termes réels". Une diminution globale est donc observée pour la deuxième année consécutive. Cependant il est à remarquer que les dépenses militaires ont augmenté de 3 % pour 2013 en excluant celles des Etats-Unis d’Amérique (- 7,93 %) et malgré une diminution constatée pour l’Europe de l’Ouest et Centrale (- 2,4 %), Océanie (- 0,72 %) et ailleurs, essentiellement due aux programmes d’austérités économiques. C’est ainsi que la Chine (+7,83 %), l’Arabie Saoudite (+ 14,6 %), la Fédération de Russie (+ 4,75 %) et le continent Africain (+8,3 %) ont substantiellement augmenté leurs dépenses militaires ces dernières années.

    Les dépenses militaires mondiales pour 2014 ont atteint un nouveau peak après ceux de 2010 et 2011 pour se chiffrer à 1767 Mrd US$. Etant pris en compte aussi que les baisses des budgets militaires pour 2012 et 2013 étaient marginales. Voir FIG. 1.

    Les 23 pays ayant au moins doublé leurs dépenses militaires pour la période 2004-2013

    Au total 23 pays (Géorgie, Honduras, Equateur, Paraguay, Argentine, Algérie, Ghana, Angola, Biélorussie, Arménie, Azerbaïdjan, Féd. de Russie, Kazakhstan, Afghanistan, Chine, Vietnam, Cambodge, Oman, Bahreïn, Arabie Saoudite,  Iraq, Namibie, Swaziland) dans le monde ont au moins doublé leurs dépenses militaires en "termes réels" depuis 2004. Cette estimation exclue les pays ayant moins de 100 Mio US$. Ces pays sont repartis sur tout le globe (voir quelques exemples représentatifs sur la FIG. 2) à l’exception de l’Europe de l’Ouest et Centrale, l’Amérique du Nord et l’Océanie. Les causes pour ces augmentations des dépenses militaires, où elles sont identifiables, sont diverses et variées.

    Les causes de l’augmentation des budgets militaires

    Tous ces 23 pays ont en commun une des spécificités suivantes:
    –    une très forte croissance économique,
    –    très hauts revenus sur le pétrole, ou
    –    un conflit armé significatif ou autres violences majeures
    Dans tous les cas, la croissance des dépenses militaires de ces pays est plus élevée que la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB).

    Les conflits armés actuels

    Congo, Somalie, Nigéria, Cameroun, Mali, Niger, Tchad, Soudan/Soudan du Sud, Centrafrique, Libye, Syrie, Irak, Israël-Palestine, Ukraine, etc. La fin de la guerre froide en 1989 n’a pas laissé la place à un monde de paix. Deux (2) décennies plus tard, des dizaines de conflits armés ensanglantent le monde. Des guerres ressurgissent dans certaines parties de l’Europe comme en Ukraine. Mais la plupart des guerres se déroulent toujours en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Et leur nature a cependant changé. Seule une minorité des guerres actuelles peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres se déroulent entre États, souvent déliquescents, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeux le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles.

    Les divisions des populations en différents groupes ethniques et religieux alimentent certains de ces nouveaux conflits violents. Mais ces violences armées s’enracinent aussi dans les conséquences de la mondialisation, qui a tendance à plutôt enrichir davantage les plus riches et appauvrir les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s’inscrivant aussi dans le cadre des guerres secrètes et des rivalités de prétention de domination entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles.

    Au moins 12 conflits armés majeurs ont été identifié en 2012, répartis sur l’Asie de l’Ouest et de l’Est, l’Afrique, l’Europe de l’Est et le Moyen-Orient. Les Conflits en cours ont causé plus de quatre (4) millions de victimes de 1947 à 2012. Les principales zones de guerres actuelles, voir FIG. 3.

    "Le classement des risques probables par année" publié par le Forum Economique Mondial de Davos (FEM), voir ci-dessous, signale que la guerre est devenue la principale menace pour l’économie mondiale depuis 2007.

    Les cinq (5) menaces majeures pour l’économie mondiale

    Pour la première fois depuis son rapport initial de 2007, dans son rapport pour 2015 "The Global Risks 2015 Report,  Part 1 – Global Risks 2015", le Forum Economique Mondial (FEM) de Davos (Suisse), qui a réuni en fin Janvier 2015 2500 experts, place, cette année, un risque géopolitique en tête de ses préoccupations. Un conflit international constitue la principale menace pour les nations et leurs économies dans les dix années à venir, voir Tableau 1. Les 900 experts interrogés cette année citent en exemple la guerre dans l’Est de l’Ukraine ou la montée en puissance de l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Les évènements climatiques extrêmes et l’échec de la gouvernance nationale complètent ce scénario sombre, suivis par le risque d’effondrement ou de crise des États et le chômage – seul risque économique dans le top 5 pour 2015 -, qui n’arrive qu’en cinquième position. "L’année 2015 se pose comme une année où les risques géopolitiques, grands absents du classement de ces cinq (5) dernières années, resurgissent sur le devant de la scène", selon ce rapport.

    Les attentats perpétrés à Paris au début Janvier 2015 rappellent  avec forte évidence que les risques géopolitiques ont désormais pris une place prépondérante, mettant au second plan les préoccupations économiques telles que les crises budgétaires ou encore les incessants bouleversements sur les marchés financiers. «Le contexte macroéconomique morose est propice à une hausse des conflits dans le monde», explique Christopher Dembik, économiste de Saxo Bank. «Les nombreuses frictions économiques, comme la guerre du pétrole ou encore la guerre des devises, peuvent à tout moment dégénérer en conflit armé entre États dans le pire des scénarios».

    «Il convient également de noter la présence de risques environnementaux plus nombreux que les risques économiques à la tête du classement», ajoutent les organisateurs du Forum de Davos. Les experts interrogés sont en effet encore plus sceptiques que l’année précédente concernant la préparation à affronter les événements climatiques extrêmes et le changement climatique, tandis que les craintes concernant les risques économiques tels que le chômage ou la crise budgétaire "sont restés relativement stables depuis 2014".

    Il s’agit d’une nouvelle donne par rapport aux années précédentes qui ont surtout été marquées par les risques économiques et financiers consécutifs à la faillite de l’une des plus grandes banques américaines, Lehman Brothers, en 2008, puis par la hausse des inégalités de revenus dans le monde entre 2012 et 2014. «Affronter tous ces détonateurs potentiels et chercher à ramener le monde sur la voie du partenariat plutôt que de la concurrence doit être une priorité pour les dirigeants», conclut Margareta Drzeniek-Hanouz, économiste au Forum Economique Mondial, citée dans le communiqué de du Forum de Davos 2015.

    The Global Militarization Index (GMI) de “Bonn International Center for Conversion” (BICC)

    The Global Militarization Index (GMI) de “Bonn International Center for Conversion” (BICC ) est un index qui reflète la valeur relative et l’importance de l’équipement militaire de l’Etat comparé à sa société en intégralité. Le GMI, voir Tableau 2, utilise plusieurs indicateurs pour représenter le niveau de militarisation d’un pays :

    –    les dépenses militaires par rapport au PIB et au secteur de santé (part du PIB) ;
    –    le ratio (para)militaire et personnel, réservistes et les médecins à la population totale ;
    –    le nombre des systèmes d’armes lourdes comparé à la population totale

    Le GMI indique que la région du Moyen-Orient continue d’être la plus militarisée du monde, avec Israël au premier rang. L’Asie aussi montre une forte tendance de réarmement. La progression de la militarisation de l’Asie prend place sur fond de conflits territoriaux non-résolus, de menaces sécuritaires et de rivalités régionales.

    Les dépenses militaires globales

    Tendances et répartitions des dépenses militaires dans le monde 2004 – 2014, voir FIG. 4 et Tableau 3

    Les 15 pays ayant les plus fortes dépenses militaires dans le monde en 2014

    Ces pays totalisent 1427 Mrd de US$, soit 80,35 % des dépenses militaires mondiales, voir Tableau 4. Leur parts respectives dans les dépenses militaires globales sont données dans le Tableau 5. Plusieurs de ces pays ont changé de place par rapport à leur classement en 2013. C’est ainsi que l’Inde a réalisé un bond en avant de la 9ème place en 2013 à la 7 ème en 2014. Aussi il est à remarquer que la Turquie a rejoint ce groupe restreint à la place du Canada depuis 2013.

    Les parts respectives en [%] des 15 pays avec les budgets de dépenses militaires les plus élevés au monde, 2014

    Les dépenses militaires régionales

    Les pays avec des augmentations significatives des dépenses militaires en 2014, voir ci-dessous Tableau 5 (Asie & Océanie : Brunei, 29 % et l’Afghanistan, 20 %), Tableau 6 (Europe : Ukraine, 23 %), Tableau 7 (Moyen-Orient : A. Saoudite, 17 % et Liban et Iraq, chacun 15 %), Tableau 8 (Amériques : Paraguay, 13 % et Mexique, 11 %), Tableau 9 (Afrique : RDC, 88 % et Namibie, 47 %).

    L’Afrique reste la région du monde avec les plus fortes augmentations de dépenses militaires annuelles: 5,9 % de 2013-14 ; 91,00 % de 2005-14. L’Afrique du Nord a enregistré 144,0 % et l’Afrique au sud du Sahara 66,00 % pour la même période. L’Algérie (12 % d’augmentation, soit 11,9 Mrd US$9 et l’Angola (6,7 % d’augmentation, soit 6,8 Mrd US$) sont les deux (2) pays africains avec les plus grosses dépenses militaires en 2014. Ces pays ont respectivement triplé et doublé leurs dépenses militaires en"termes réels" depuis 2005 pour atteindre, chacun, plus de 5 % du PIB national respectif en 2014.

    Il est à noter que beaucoup de pays africains sont directement ou indirectement confrontés à des crises violentes ou d’instabilités politiques graves (conflits interness et/ou de frontaliers, attaques terroristes et/ou narcotrafics, jihadismes, sortie de guerre de libération,  etc.).

    Les USA reste de loin le pays avec le plus grand budget militaire au monde, environ 34 % du budget militaire global en 2014, suivi par la Chine (12 %), voir FIG. 5. Globalement la part moyenne du budget militaire chinois se situait entre 2,00% et 2,2 % du budget national sur la décennie passée. Ce qui constitue une cadence d’augmentation raisonnable par rapport à la croissance économique de ce pays. Les dépenses militaires mondiales ont seulement faiblement reculé (-0,4 % en 2013-14) pour la période 2013-14,voir  FIG. 6.

    Remarque : il n’y a aucun critère (indicateur) reconnu qui définie la plus haute charge budgétaire militaire par rapport au PIB. Cependant la limite de 4 % est celui choisi, qui a le plus constamment représenté le quintile le plus élevé des charges budgétaires militaires depuis 20 ans. 
    Au total 20 pays dans le monde ont des budgets militaires qui dépassent 4 % du PIB respectif. Il s’agit : Oman, A. Saoudite, Sud-Soudan, Tchad, RDC, Algérie, Israël, Angola, E.A.U, Azerbaïdjan, Namibie, Féd. Russe, Liban, Birmanie, Arménie. Iraq, Bahreïn, Yémen, Syrie.

    Transferts internationaux d’armes

    Les cinq (5) plus grands fournisseurs d’armes (conventionnelles) dans le monde sont : USA, Féd. De Russie, Allemagne, France et Chine – totalisant 75 % du volume total des exportations de 2008-2012, voir Tableau 10. La Chine a rejoint ce groupe pour la première depuis la fin de la guerre froide.

    Remarque : une des conséquences des impacts de la récente crise financière mondiale en 2008 aux USA et en Europe a été une forte pression supplémentaire pour chercher de nouveaux marchés d’armements. Ce qui conduisit les états européens et américains à réadapter leurs procédures bureaucratiques et pour être plus volontaristes pour s’engager dans la production sous licences, le transfert de technologie et des arrangements de coproduction des armes. 

    Les dix (10) grandes compagnies mondiales de production d’armes, 2011

    Sept (7) de ces dix (10) grandes entreprises de production d’armements sont américaines, voir Tableau 11.

    Les capacités nucléaires et aériennes militaires mondiales

    Le monde compte environ 17270 ogives nucléaires, dont 4400 sont effectivement déployées. Les puissances nucléaires sont : USA (7700 ogives nucléaires), Féd. Russe (8500), G. Bretagne (225), France (300), Chine (250), Inde (90-110), Pakistan (100-120), Israël (80), Corée du Nord (6-8). Ces chiffres sont approximatifs et de 2013.

    Les armes chimiques et bactériologiques/biologiques font toujours parti des arsenaux offensifs militaires.

    Les forces aériennes militaires globales

    La flotte aérienne militaire mondiale est représentée dans le Tableau 12. Les USA possède de loin la flotte la plus dotée au monde avec 12902 engins aériens militaires en service actif, soit 27 % de la flotte globale totale. Parts et variations des équipements des forces aériennes par régions du globe, voir ci-dessous FIG. 7.

    Les dépenses militaires en Afrique Sahélo-Saharienne

    L’espace tampon mais aussi d’échanges constituant le Maghreb (Maroc, Tunisie, Mauritanie, Algérie, Libye), une partie de l’Afrique de l’Ouest (Niger, Mali, Sénégal, Nigéria) et de l’Afrique Centrale (Tchad, RCA, Cameroun), voir FIG. 2, a connu au cours de la dernière décennie le développement d’une instabilité politique endémique. Ce théâtre est ainsi traversé par des dynamiques à forte charge déstabilisatrice (trafics illégaux, risques d’éclatement ou de généralisation de conflits meurtriers, amplification de revendications irrédentistes, tensions géopolitiques autour d’enjeux énergétiques et sécuritaires, pauvreté endémique, etc.) qui menacent les fragiles équilibres sociaux, économiques, politiques et géopolitiques qui s’y sont progressivement construits. Dans ce contexte instable chronique, des groupes terroristes, se réclamant de l’islamisme radical, renforcent leur implantation au sein des différents Etats qui composent la zone. C’est par rapport à ce contexte géopolitique alarmant que doit se mettre en place un nouveau paradigme de défense sécuritaire adapté à ces menaces majeures pour cette zone d’Afrique. C’est ainsi que l’Algérie a multiplié par 2.6 son budget militaire pour la décennie 2002-2011 en comparaison avec la précédente. Tous les autres pays de cette zone ont augmenté leurs dépenses militaires respectives avec à peu-près le même facteur, voir Tableau 13 et FIG. 8.

    Remarque : les armées au sud du Sahara, à l’exception de celle du Tchad, dans la zone en question, n’ont pourtant pas été à la hauteur de performances militaires souhaitables ces dernières années. En effet, ces armées sont plutôt de gigantesques machines d’entretien d’appareils politiques corrompus. Ces armées sont ainsi mal formées, sous équipées, démotivées, dont les soldats confrontés aux moindres difficultés sur le terrain de combat face à l’ennemi préfèrent fuir le front. Il urge donc pour ces pays de mettre de nouvelles stratégies et philosophies  de défense et de sécurité en place dans leur pays respectif capables d’affronter ces guerres asymétriques afin d’éviter d’irréparables destructions de leur Etat par des Jihadistes et narcotrafiquants.

    Le cas spécial de l’armée malienne

    De 1988 à 1991 (les trois (3) dernières années du pouvoir de 23 ans du Général Moussa Traoré), le Mali a dépensé 146 Mio de dollar US (soit environ 86 Mrd de FCFA). De 1992 à 2001 (période du pouvoir du Prof. Alpha Oumar Konaré), ses dépenses militaires ont atteint 368 Mio de dollar US (soit environ 216 Mrd de FCFA). Pour la décennie 2002-2011 (pouvoir de Amadou T. Touré), ce pays a déboursés 1,081 Mrd de dollar US$, soit 637 Mrd de FCFA. Voir Tableau 13 et FIG. 8. Valeur de conversion US$ en FCFA, 21.05.2015 : 1 US$ = 588,96 FCFA.

    Pendant le régime de 10 ans du Général Amadou T. Touré, l’armée malienne a donc reçu environ 3 fois le budget militaire de la période de 10 ans de pouvoir de Mr. Alpha O. Konaré.

    Remarque : Le régime du Général Moussa Traoré a, par exemple, pourtant laissé environ 25 avions militaires opérationnels en fin de son pouvoir en 1991 à ses régimes successeurs.

    Il est concevable que les régimes successifs  de pouvoir d’un pays fixent, par exemple pour raisons de difficultés économiques du moment, différents objectifs prioritaires politiques. C’est ainsi que sur la base de programmes d’austérités économiques raisonnables, mêmes les dépenses des forces armées et de sécurités peuvent faire objet de contraintes budgétaires. Vu l’environnement géopolitique en permanence hostile et agressif autour du Mali, si par exemple l’acquisition de nouveaux matériels militaires conséquents s’avérait difficile, il est autant inacceptable que pendant 20 ans durant – de 1992-2011- sous Mr. A. O. Konaré et le Général A. T. Touré -, le matériel militaire opérationnel existant de l’armée malienne hérité du régime précédent n’a même pas pu recevoir la maintenance technique minimum nécessaire à son maintien en service opérationnel et aussi la préparation psychologique rudimentaire pour faire face aux dangers d’affrontements militaires imminents.

    A la date du 17.01.2012, par exemple, aucun de ces avions militaires n’était immédiatement utilisable pour combattre les envahisseurs terroristes dans les régions au nord du pays venus de la Libye. Cette armée ne pouvait donc naturellement pas tenir à la vague déferlante violente narco-jihadiste venant de Libye (fin 2011-début 2012).

    Or pour la même période citée, l’Algérie, qui joue depuis toujours le rôle de colombe de la paix pour le Mali, dépensait 58 milliards de dollar US$ (soit 36 fois le budget de défense du Mali) dans l’achat d’armements et la modernisation de son armée. Bien curieuse une colombe de la paix, qui se mue en oiseau rapace avec un bec tranchant dévoreur de chair et qui pousse des piquants venimeux à la place de ses plumes blanches et des griffes mortels à la place de ses ongles doux !  Et qu’ont fait donc les présidents Koraré et Touré des budgets ci-haut dediés à l’armée malienne ? Mieux, où était donc parti la capacité de réveil de l’instinct "primitif" humain de moindre méfiance saine du Prof. Konaré et du Général Touré devant un tel paradoxe ? Comment ces hommes, pendant 20 ans durant, n’ont jamais pu avoir la moindre capacité de reflexion intellectuelle et de vigilance minimums à la hauteur des enjeux géopolitiques autour du Mali ? Et en lieu et place de cela ont-ils préféré le sabotage et le demantèlement systématiques de l’armée malienne? Il est à noter que l’Algérie ne s’arme pas à outrance pour agresser son voisin, le Mali. Mais, les élites algériennes, contrairement à celles maliennes, sont suffisamment conscientes des menaces de destruction qui planent incessamment sur leur pays.

    Quelles proportions des dépenses militaires vont effectivement  dans l’achat des équipements militaires?

    Selon SIPRI, ces proportions sont, selon le pays, situées entre 1,4 % et 33,3% du budget total militaire.
    Vu le niveau élevé de corruption en Afrique, il est facilement acceptable de situer les traitements financiers du personnel du secteur de défense et de sécurité africain dans un intervalle de 60% à 80 % du budget total des forces de défenses et de sécurité.
    L’armée malienne compte 59 Généraux actifs (en plus de 15 inspecteurs Généraux de Police), dont 24 Généraux de Brigade furent nommé à ce Grade à la même date du 1.10.2010 par Mr. A. T. Touré.

    Certaines origines du sabotage et démantèlement systématique voulus de l’armée malienne par M. Alpha O. Konaré et le Général Amadou T. Touré  sont donc à présent connues.
    A présent, tout l’espoir de reconstruction, de revitalisation et de mise à niveau de l’armée malienne pour qu’elle puisse accomplir pleinement sa mission régalienne de défense de la souveraineté repose désormais sur la nouvelle loi d’Orientation et de Programmation militaire de 1231 milliards de FCFA (soit 2,09 milliards de US$) pour 2015-2019.

    Le matériel militaire de la Chine

    Selon le New Times du 20 Octobre 2013, citant le rapport 2013 de SIPRI sur les transferts globaux d’armes, la Chine a réalisé un bond de 162 % de ses exportations d’armes – qui incluent des avions de combat "high-end", y compris des drones, des missiles, des navires de guerre et de l’artillerie lourde – de 2008 à 2012 en comparaison avec la période des cinq (5) précédentes années. Ce qui place la Chine au 5 ème  rang mondial des pays exportateurs d’armes voir aussi Tableau 10.

    Selon IHS Jane’s les ventes d’armes chinoises ont progressé aussi rapidement en dollar en doublant ses exportations pour atteindre 2,2 Mrd de US$ sur les cinq (5) dernières années, plaçant la Chine au 8 ème rang mondial  des pays exportateurs en valeur absolue.

    La Chine a investi des milliards de dollar dans la recherche et le développement des armes pour améliorer la qualité tout en réduisant les coûts de productions. Aussi les armes chinoises intègrent en partie importante les technologies allemandes, italiennes, etc.
    Aussi, il n’est pas inhabituel pour les clients de l’industrie chinoise de l’armement de changer certaines composantes techniques des armes chinoises pour les rééquiper avec d’autres techniques et technologies, comme par exemple des nouveaux systèmes radars et radios.

    Les tendances des dépenses militaires 2014-2020

    Le Département de la Défense des Etats-Unis d’Amérique dans son document "Sustaining U.S. Global Leadership : Priorities For 21st Century Defense " identifie les menaces pour la sécurité des U.S.A pour ce siècle et définie en conséquent les missions de réponses pour l’armée américaine pour garantir le leadership global américain (défense, sécurité, économie, finance, etc.) .

    Missions Primaires des Forces Armées des U.S.A :

    –   Contrer le Terrorisme et la conduite de guerre irrégulière
    –   Dissuader et défaire l’agression
    –   Projeter la montée en puissance en dépits de défis de dénis d’accès aux zones de conflits armés majeurs
    –   Contrer l’usage des armes de destruction massive
    –   Opérer avec effectivité dans l’Espace et sur Internet (Cyberspace)
    –   Maintenir une dissuasion nucléaire sûre, sécurisée et effective
    –   Défendre la Patrie (Homeland) et soutenir les Autorités Civiles
    –   Fournir une présence militaire de stabilisation à l’Etranger
    –   Conduire des Opérations de stabilité et de contre-insurrection
    –   Conduire des Opérations humanitaires, de catastrophes  environnementales

    Ces missions susmentionnées, qui pointent en réalité en même temps sur les menaces majeures globales, détermineront la puissance de feu des forces jointes de l’armée américaine du 21st siècle.
    Les réflexions aux U.S.A (voir ci-dessus), sur les dépenses militaires après leurs désengagements militaires en Iraq et Afghanistan et sur les dispositifs des forces d’intervention, les crises en Ukraine, en Libye, en Syrie, au Yémen, en Arabie Saoudite, dans le Sahel, les efforts du Japon pour revitaliser son secteur de la défense, le renforcement et le développement continuels de l’armée chinoise, l’irruption violente de l’état islamique sur la scène géopolitique mondiale sont des événements décisifs qui pourraient marquer un point de revirement spectaculaire dans les philosophies politiques globales de défense en cours depuis 2014. L’économie globale en évolution significative, combinée aux changements permanents des menaces sécuritaires majeures dont font face les grands dépensiers du secteur de défense, conduisent à des révisions profondes des planifications et de dépenses militaires. L’adaptation, la collaboration, la coopération et les investissements massifs ont émergé comme priorités absolues de "defense management strategies". Voir les tendances des dépenses militaires globales 2014-2020, FIG. 9.


    Définition des dépenses militaires selon Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI)

    Là où cela est possible, les données sur les dépenses militaires selon SIPRI incluent toutes les dépenses militaires courantes sur :

    –    Les forces armées, incluant les forces de maintien de paix
    –    Ministère de la défense et d’autres agences engagées dans des projets de défense
    –    Des forces paramilitaires, qui sont entrainées et equippées pour des opérations militaires, et
    –    Les activités spatiales militaires

    Ces dépenses prennent en compte

    –    Le personnel militaire et civil, incluant les pensions de retraite du personnel militaire et les services sociaux pour le personnel,
    –    Les opérations et maintenance,
    –    Fourniture,
    –    La recherche et le développement militaire, et
    –    L’aide militaire (pris en en compte dans le budget du pays donateur)

    Sont excluent : la défense civile et les dépenses précédentes des activités militaires – comme les émoluments des vétérans, la conversion et destruction des armes.


    Sources et References

    SIPRI : Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI Fact Sheet, April 2014,  April 2015, www.sipri.org
    World Air Forces : Special Report 2015, www.flightglobal.com, www.xairforces.net
    BICC: Bonn International Center for Conversion, ANNUAL REPORT 2013, www.bicc.de
    New York Times: www.nytimes.com
    HIS Jane’s: www.janes.com  
    Le Figaro.fr. Economie : www.lefigaro.fr
    Wikipdédia : www.fr.wikipedia.org , www.en.wikipedia.org
    United Nations: Concise Report on the World Population Situation in 2014, www.un.org
    OCDE (2015): Financer la paix et la sécurité pour promouvoir le développement durable, http://dx.doi.org/10.1787/dcr-2014-23-fr 
    Forum Economique Mondial (FEM): The Global Risks 2015 report Part 1 – Global Risks 2015, www.weforum.org   
    United Nations: Sécurité, gouvernance et lutte contre le terrorisme dans l’espace sahélo-sahélien, Contribution de l’Organisation internationale de la Francophonie, www.un.org
    Département de la Defense des Etats-Unis d’Amérique : "Sustaining U.S. Global Leadership : Priorities For 21st Century Defense ", Janvier 2012

    Leave a Reply

    Your email address will not be published. Required fields are marked *