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    Symposium sur les Techonologies d’Energies Renouvelables – Bamako 01 – 07 Août 2010

    August 16th, 2010

    Symposium sur les Techonologies d’Energies Renouvelables – Bamako 01 au 07 Août 2010
    Ma présentation sur le rôle de l’énergie dans le développement durable et les possibles stratégies énergétiques pour l’Afrique de l’Ouest à l’horizon 2030.
    Merci pour les débats ouverts et francs. Au prochain symposium!


    Gestion des déchets nucléaires dans le monde

    March 14th, 2010

    Le déchet radioactif est toute matière radioactive qui ne peut plus être ni recyclée ni réutilisée et qui doit donc être stockée. Les déchets nucléaires sont d’une grande diversité d’origine et de nature. Il s’agit par exemple d’éléments contenus dans le combustible usé des centrales nucléaires, d’éléments radioactifs à usage médical ou industriel, ou de matériaux mis au contact d’éléments radioactifs.
    95% des déchets nucléaires sont liés à la production d’électricité (centrales nucléaires, usines du cycle du combustible et installations de recherche), 2.5% viennent du domaine de la santé – les services de radiologie, de radiothérapie des hôpitaux, ainsi que les services chargés de stériliser le matériel – et les 2.5% restants sont issus des activités agro-alimentaires, industrielles et de la recherche universitaire.

    Une centrale nucléaire d’une puissance de 1,000 MW(e), qui pourrait donc alimenter en électricité une ville comme Amsterdam (16 millions 300 cents milles habitants en 2004), produit approximativement 300 m3 de déchets faiblement et moyennement radioactifs (déchets FMA-VL) et quelques 30 tonnes de déchets solides hautement radioactifs (déchets HAVL) par an.
    Par comparaison une centrale thermique de 1,000 MW(e) produit 300,000 tonnes de résidus de combustion (cendres) seulement en une année, qui contiennent entre-autres produits nocifs du matériel radioactif et des métaux lourds qui finissent dans les champs de culture et dans l’atmosphère.

    Les «réacteurs nucléaires naturels» au Gabon (Afrique Centrale)

    La radioactivité n’a pas été inventée par l’homme. Elle fait partie de l’environnement naturel, aussi bien dans l’écorce terrestre que dans l’air, le corps humain, ou les aliments. Dans la nature se trouvent des couches géologiques capables d’isoler les matières radioactives. Ainsi, il y a environ deux (2) milliards d’années se trouvaient des «réacteurs nucléaires naturels» dans les sites d’uranium au Gabon (Afrique Centrale). En effet, 16 zones circulaires, d’environ dix (10) mètres de diamètre et 0.5 mètres de d’épaisseur, de réaction ont été découvertes dans les dépôts de minerais riches en uranium sur le site de Mine d’Oklo (Gabon). Au cours de plusieurs centaines de milliers d’années environ 100 milliards de Kilowattheures de chaleur ont été produites dans ces zones. Cette quantité d’énergie est équivalente à celle produite en quatre années par une centrale nucléaire moderne d’une puissance de 1,000 MW(e). Les réactions nucléaires dans ces «réacteurs nucléaires naturels» sont les mêmes que celles dans une centrale nucléaire à réacteur d’eau bouillante (REB) moderne.

    Pendant ces activités nucléaires naturelles dix (10) tonnes d’uranium ont été fissionnées, environ quatre tonnes de plutonium ont été produites et plus de dix (10) tonnes d’autres produits très faiblement radioactifs ont été générés. Dans les environs immédiats de ces zones de réactions nucléaires naturelles peut-on encore aujourd’hui trouver des produits transuraniens provenant des processus de désintégrations des déchets radioactifs de ces périodes lointaines de réactions nucléaires naturelles.

    Les paramètres de risques des déchets radioactifs

    Deux (2) paramètres déterminent les risques des déchets radioactifs:

    • la radioactivité [1], qui est la toxicité du déchets, c’est-à-dire son impact potentiel sur l’homme et l’environnement.
    • la durée de vie, qui permet de définir la durée de leur nuisance potentielle.

    Les différentes catégories de déchets radioactifs

    Il existe essentiellement quatre familles de déchets radioactifs, classés selon leur niveau de radioactivité et leur durée de vie:

    • Les déchets de très faible radioactivité ou déchets TFA: proviennent principalement du démantèlement des installations nucléaires ou des sites industriels qui utilisent dans le cadre de leur production des substances faiblement radioactives. Il s’agit, par exemple, de bétons, gravats, plastiques et ferrailles. La radioactivité de ces déchets est extrêmement faible et de courte durée de vie.
    • Les déchets faiblement radioactifs à durée de vie courte ou déchets FA-VC. Ils représentent avec les déchets TFA près de 90% du volume mais seulement 1 % de radioactivité des déchets radioactifs. Il s’agit pour l’essentiel de déchets provenant des installations nucléaires (objets contaminés: gants, filtres, résines, etc.), des laboratoires de recherche et de divers utilisateurs de radioéléments (hôpitaux, laboratoires d’analyse, industrie minière, agroalimentaire, métallurgique, etc.).
    • Les déchets faiblement ou moyennement radioactifs à durée de vie longue ou déchets FMA-VL. Ils contiennent des quantités significatives d’éléments radioactifs à durée de vie longue. Ils proviennent principalement des usines de fabrication et de traitement des combustibles nucléaires (effluents, coques et embouts, générés lors de la fabrication ou du traitement) et des centres de recherche. Ils représentent 7 % du volume total mais 4 % de radioactivité des déchets radioactifs.
    • Les déchets hautement radioactifs et à durée de vie longue ou déchets HAVL. Ils contiennent des éléments hautement radioactifs qui dégagent de la chaleur et dont la décroissance radioactive peut s’étendre sur plusieurs milliers, voire centaines de milliers d’années. Ils proviennent essentiellement du traitement des combustibles usés issus des centrales nucléaires. S’ils contiennent, avec les déchets FMA-VL, 95 % de la radioactivité totale, ils ne constituent qu’environ 3 % du volume des déchets radioactifs.

    Les principaux pays producteurs de déchets nucléaires

    Le volume total mondial des déchets radioactifs (TFA, FA-VC, FMA-VL et HAVL) est de 29,620,000 m3. Les principaux pays producteurs (dont les États-Unis, à eux-seuls, comptabilisent plus de 2,000 tHM[2]) de cette énorme quantité de déchets radioactifs, voir tableau ci-contre. Ces informations sont ont été répertoriées en 1997 et plus récemment.

    Remarque [3]

    Comme noté plus haut, les déchets radioactifs sont en grande partie issues de la production d’électricité nucléaire. D’autres secteurs des activités humaines et des activités géologiques naturelles contribuent aussi à la production d’elements radioactifs. Ces chiffres en prennent compte.

    Gestion des déchets radioactifs dans le monde

    Les déchets radioactifs présentent des dangers liés aux rayonnements émis par les radionucléides qu’ils contiennent. Ces risques diminuent avec le temps. Mais il faut absolument protéger les êtres vivants et l’environnement contre la radioactivité.

    Près de 90 % des déchets radioactifs sont des déchets faiblement radioactifs (FA-VC). Dans la plus part des pays producteurs de déchets nucléaires, le choix de leur mode de gestion a été fait par la mise en place, à l’échelle industrielle, de centres d’entreposages (de surface) pour une durée déterminée. Pour les déchets moyennement et hautement radioactifs à vie longue (FMA-VL et HAVL), le choix de leur mode de gestion est porté sur les centres de stockage (souterrains et de surface) de long terme.

    Mais, à ce jour, seulement trois pays ont statué sur un mode de gestion final des déchets à vie longue en décidant la construction de stockage:

    • les Etats-Unis, qui depuis mars 1999 disposent d’un site de stockage en profondeur pour les déchets de moyenne activité issus des programmes nucléaires militaire.
    • la Finlande, qui en mai 2001 a autorisé la construction d’un centre de stockage en formation géologique profonde, voir schéma ci-dessous, pour les combustibles usés (qui dans ce pays sont considérés comme déchets) issus des centrales nucléaires finlandaises. Ce site devrait être opérationnel en 2020.
    • la Suède, qui prévoit la construction d’un site de stockage en profondeur pour ses combustibles usés (qui dans ce pays sont considérés comme déchets) avec une mise en exploitation programmée en 2015.
    • la plupart des pays ayant à gérer des déchets à vie longue sont à la recherche d’un mode de gestion approprié. La solution la plus souvent envisagée est le stockage en formation géologique profond.

    Sans doute le nucléaire (militaire et civil) est et restera, avec raison, le domaine le plus sensible et controversé de la science, de la technique et de la technologie. Autant, son «management total» (sécurité, sûreté et fiabilité des sites nucléaires et des entrepôts et stockages, garantie de la défense de toutes les formes de vies dans notre environnement, etc.) doit être la priorité absolue pour non seulement les états, les exploitants, les personnels en opération mais pour la société humaine entière. Un accident nucléaire majeur est un accident très vilain. Les conséquences radiologiques de l’accident nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) en 1986 en témoignent avec force. Voir aussi la liste des accidents nucléaires ici.

    Dans tous les cas, jamais un accident nucléaire de cette envergure sera difficilement toléré par la société humaine!

    A présent, quels que soient les développements futurs et les choix qui seront faits, il restera toujours une quantité de déchets ultimes, comme c’est d’ailleurs le cas pour la plupart des activités industrielles. Mais, grâce aux résultats des recherches, nous savons que ces déchets ultimes seront en faibles quantités, que la durée de vie de certains éléments contenus dans ces déchets pourra être réduite et qu’un traitement approprié pour ces déchets ultimes est possible: en effet, les travaux internationaux, montrent qu’on sait aujourd’hui obtenir un bon confinement. Les éléments les plus radioactifs sont conditionnés dans des matériaux à haut pouvoir confinant (verres, bitumes, etc.) qui eux-mêmes pourront être placés dans des couches géologiques très stables, en profondeur et très peu perméables à l’eau. Ces procédés de confinement conjugués à la protection très efficace qu’offre la roche (la barrière géologique) constituent la meilleure solution pour ne pas avoir d’impact significatif sur la biosphère.

    Enfin, les réacteurs de 4 ème génération participeront eux aussi à une meilleur gestion des déchets: d’abord, ils en produiront moins, et, dans la mesure où il s’agira de réacteurs à neutrons rapides, ils permettront de transmuter les éléments les plus toxiques (les actinides mineurs) qui auront préalablement été séparés.

    Aussi, il est important de souligner que le gouvernement des États-Unis cite Oklo (Gabon) dans son enquête sur la possibilité d’ouvrir un site de stockage à Yucca Mountain:

    «Lorsque ces réactions nucléaires en chaîne naturelles souterraines se sont arrêtées, la nature a montré qu’elle était capable de confiner efficacement les déchets produits par les réactions. Nulle réaction en chaîne ne va jamais avoir lieu dans un site de stockage de déchets radioactifs. Mais si un site de stockage devait être construit dans les Yucca Mountains, les scientifiques compteraient sur la géologie de l’endroit pour contenir les radionucléides générés par ces déchets avec la même efficacité».

    [1] … la radioactivité mesurée en becquerels (1 Bq = 1 Désintégration / s).
    [2] … tHM = tons Heavy Metal (en français tML, tonnes Metal Lourd).
    [3] … Ce texte a été préparé avec l’aimable appui de: IAEA, CEA, NationMaster, OECD


    La technologie électronucléaire: état des lieux en 2008 et perspectives 2030

    February 14th, 2010

    L’énergie électrique est nécessaire pour faire face aux challenges du développement comme la pauvreté, la faim, la santé et l’environnement. L’énergie électrique est donc essentielle au développement humain.

    Le déséquilibre énergétique global est pourtant un fait. Par exemple plus de 1.6 milliards d’êtres vivent sans électricité; et plus de 2.4 milliards, notamment dans les pays en voie de développement (PVD), couvrent leurs besoins énergétiques à partir de la biomasse traditionnelle. En plus, la population[1] augmente rapidement dans ces pays. Une demande dramatique en énergie, spécialement dans les PVD, est donc logiquement à attendre pour les prochaines décennies.
    A ces faits s’ajoute la possibilité du réchauffement global par l’augmentation anthropogénique des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce tableau constitue une batterie de challenges globaux pour l’humanité, qui doivent être surmontés.
    La principale source des GES, en particulier le carbone dioxyde (CO2), est le cycle de transformation de combustibles fossiles en énergie par le secteur énergétique.
    Une réduction de ces émissions globales est nécessaire sur les quelques décennies prochaines pour stabiliser la teneur des GES dans l’atmosphère à un niveau tel que l’augmentation de la température globale moyenne annuelle sur la surface de la terre n’excède pas 2.5 °C, comparer au niveau préindustriel. Pour obtenir cette réduction significative des GES un changement significatif dans le comportement du consommateur et l’usage d’énergies de sources propres devront être opérés.
    L’énergie nucléaire est potentiellement fiable, durable et possède un vaste champs d’applications[2]. Les centrales nucléaires produisent une quantité marginale de GES pendant leur cycle total de service opérationnel. Pour cela, l’énergie nucléaire pacifique est une option importante pour les stratégies futures de réduction des GES.

    L’électronucléaire aujourd’hui

    438 réacteurs, avec une puissance totale fournie de 372 GW(e)[3], étaient en opération dans le monde en fin 2008, voir tableau ci-dessous. Cette puissance totale fournie correspond à une part de 14% dans la capacité totale de l’énergie électrique mondiale exploitée en 2008.


    Tableau 1: Réacteurs en opérations dans le monde en 2008. Source: IAEA.
    *) … 14 % est le ratio part totale mondiale d’énergie nucléaire (soit 2597,8 TWh), énergie totale mondiale (soit 18514 TWh) en 2008

    Changements en 2009 par rapport au Tableau 1

    – Construction initiée pour 12 nouveaux réacteurs (10 en Chine, 1 en Slovaquie, 1 en Corée du Sud) d’une puissance totale de 12975 kW(e)
    – 2 réacteurs (1 au Japon, 1 en Lituanie) ont été fermé

    Statut actuel du nucléaire

    – 436 réacteurs en opération (puissance totale installée 370934 MW(e)
    – 56 réacteurs en construction (puissance totale 51900 MW(e)
    – 5 réacteurs seront à long terme fermés.

    Remarques sur le tableau 1

    Les pays détenteurs du nucléaire pacifique dépendent fortement de cette filière pour leur approvisionnement en énergie électrique. Cette dépendance se situe entre environ 14 % pour la Grande Bretagne à 76 % pour la France. Mais ces pays font aussi de remarquables efforts pour la conscientisation de leurs populations sur les problématiques de l’environnement. Ils investissent également massivement dans les technologies «vertes». Autant dire quand même que vu cette forte dépendance du nucléaire aucun de ces pays ne peut se payer le luxe, même à moyen terme, de renoncer à l’énergie nucléaire pour la faire remplacer avec les énergies renouvelables.

    Les perspectives pour 2030

    La demande mondiale d’énergie, voir les raisons ci-haut, en particulier l’énergie électrique accroîtra fortement d’ici 2030. Conséquemment, la part de l’énergie nucléaire dans le volume total mondial d’énergie électrique (sauf en Europe de l’Ouest) augmentera, selon l’IAEA, voir Tableau 2, ci-dessous. Ce tableau présente des estimations d’augmentations faibles et fortes de l’énergie nucléaire pour compenser des incertitudes associées au futur.
    Compte tenu des raisons économiques et financières, de réduction des émissions de GES, de coûts, etc. une stratégie future énergétique doit raisonnablement considérer
    l’option énergétique mixte. De ce point de vue, toutes les sources d’énergie à notre disposition, y compris l’uranium, raisonnablement exploitables, doivent être utilisées. Dans ce scenario de choix pour l’énergie mixte, l’option de l’énergie nucléaire ne pourra pas, même à moyen terme, être écartée dans notre approvisionnement en énergie électrique.


    Tableau 2: estimation de la part de l’énergie nucléaire dans le volume total de puissance électrique mondiale installée en 2030. Source: IAEA. Ces estimations prennent en compte l’option de fermeture de vieilles centrales nucléaires d’ici 2030.

    Part du nucléaire (en pourcentage) dans l’approvisionnement en électricité en 2008 et 2030

    Diagramme 1: estimation de la part du nucléaire électrique dans la demande totale mondiale en électricité en 2030, en pourcentage et par groupe de pays. Source: IAEA

    Acceptation publique du nucléaire

    En 2005 l’IAEA a effectué un sondage (Global Public Opinion on Nulear Issues and the IAEA) dans 18 pays sur le nucléaire. Voir une partie de ces résultats dans le Diagramme 2 ci-dessous. Il en ressort que l’opinion dans ces pays accepte globalement le rôle important que joue le nucléaire dans les domaines de l’approvisionnement en électricité, son application dans la médecine et son impact positif dans la protection de l’environnement.

    Diagramme 2: sondage de l’IAEA sur l’acceptation du nucléaire dans 18 pays, 2005. Source: IAEA

    Les coûts par kW(e) du nucléaire électrique

    Selon l’IAEA, dans son étude «climate change and nuclear power 2008» le kW(e) du nucléaire (overnight costs[4]) se situait entre 1500 $US et 6000 $US en 2008. Et pour la même année les coûts totaux d’investissement se chiffraient entre 2000 $US et 8000 $US le kW(e). Cette même étude révèle qu’entre 2005 et 2008, pratiquement les coûts du kW de tous les autres types de génération d’énergie électrique (exception faite du solaire, pour raison d’optimisations techniques remarquables dans ce domaine), pas seulement du nucléaire, ont doublé. Les coûts élevés du capital dans le nucléaire et la longue durée de sa phase de projet constituent sans doute des obstacles aux investissements dans ce domaine. Mais une fois qu’une centrale nucléaire est construite, elle est remarquablement compétitive.

    L’afrique et l’énergie nucléaire

    L’Afrique reste à la traine dans le domaine du nucléaire, voir les statistiques ci-haut. C’est quand même un paradoxe que les centrales nucléaires françaises (76,2 % de l’énergie électrique en France est d’origine nucléaire, voir Tableau 1, ci-haut), majoritairement, tournent avec l’uranium africain du Niger, mais que jusqu’à aujourd’hui seulement deux (2) réacteurs commerciaux en Afrique du Sud sont en opération. Mais l’intérêt en Afrique pour cette technologie de pointe s’est dramatiquement renforcé ces dernières années. Les pays comme l’Egypte, le Nigéria, l’Ouganda, le Kenya, le Sénégal, le Niger, la Namibie, etc. ont récemment concrètement manifesté leur intérêt pour la filière du nucléaire pacifique. Quelques raisons pour cela voir ici. En plus, une Autorité de Régulation Nucléaire (Forum of Nuclear Regulatory Bodies in Africa, FNRBA) en Afrique vient de naître le 17 Décembre 2009 au Cap en Afrique du Sud.


    [1] … voir ici: www.e-tech-blog.com/la-croissance-de-la-population-mondiale-1970-2050#more-188
    [2] … voir ici:
    www.e-tech-blog.com/la-renaissance-de-lelectronucleaire#more-2528
    [3] … lire Gigawatt (électrique), 1 Gigawatt (électrique) = 109 Watt
    [4] … overnight costs excluent l’intérêt, la finance et l’escalade des coûts pendant la phase de construction, comme si la centrale avait été construite pendant une nuit. Les coûts d’escalade prennent en compte l’augmentation des prix pendant la phase de construction de la centrale. Ces coûts ne doivent pas être confondus avec les coûts imprévus.


    Copenhague: la montagne accouche d’une souris

    January 31st, 2010

    La «dette climatique» des pays occidentaux à l’égard des pays en voie de développement n’est pas de l’aumône, mais un dû
    Par Mohamed Benhaddadi*, 28 Décembre 2009

    Ainsi donc, contrairement aux souhaits des pays en voie de développement (PVD), ce n’est pas un traité avec des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) tant pour 2020 que pour 2050 qui a été signé à Copenhague, mais plutôt une simple déclaration politique, comme le favorisaient nombre de pays riches. Bien plus, les pays les plus vulnérables n’ont même pas pris part aux discussions finales quand a été «pondu» l’accord entre les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud.

    Certains évaluent déjà à 10 % la réduction des émissions que cet accord va induire en 2020, alors que le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat (GIEC) recommande une diminution de 25 % à 40 %. Pour ce qui est de l’aspect financier, les pays industrialisés se sont engagés à verser 10 milliards de dollars par an en 2010, 2011, 2012 et ont fixé un objectif de 100 milliards d’ici 2020 pour les pays en voie de développement (PVD) touchés par les changements climatiques (inondations, sécheresses), autant dire des miettes par rapports à l’impact appréhendé.

    Sort déjà scellé

    Il faut dire que l’échec de Copenhague n’étonne que ceux qui n’ont pas suivi, le mois dernier, les travaux du Forum de Coopération Asie-Pacifique (Forum de l’APEC), qui a préjugé comme irréaliste la conclusion de tout accord contraignant pour cette année. Lors de ce forum, les États-Unis et la Chine, une sorte de nouveau G2, avaient déjà scellé le sort de Copenhague en verrouillant, par leur position respective figée, toute avancée des négociations. Ce n’est pas faire injure aux PVD et aux Européens que d’affirmer que Copenhague a, en fait, consacré le nouveau rapport de force du nouveau couple Chine-États-Unis, où le climat sera un élément-clé de négociation de ce duo infernal, responsable de plus de 42 % des émissions mondiales de GES.

    Il n’y a aucun doute que les États-Unis sont à blâmer au premier chef si l’accord conclu n’a pas de substance. En moyenne, un Nord-Américain pollue deux fois plus qu’un Européen, cinq fois plus qu’un Chinois et 15 fois plus qu’un Indien. De ce fait, ce n’est sûrement pas en montrant du doigt la croissance faramineuse de la pollution en Chine, qu’ils traitent au demeurant comme l’ennemi de demain, que les États-Unis pourront gagner en crédibilité. Or les États-Unis, qui sont responsables de 20 % de l’ensemble des émissions mondiales, ne s’engagent à les réduire que de 3 % à 4 % à l’horizon 2020 et par rapport à l’année de référence 1990, alors que les scientifiques du GIEC disent que, si on veut limiter le réchauffement climatique à 2 °C, il faudrait réduire le niveau de pollution de 80 % d’ici 2050.

    Obligations

    Il faut rappeler que, déjà à l’époque de Bill Clinton et des négociations de Kyoto, les Américains n’ont convenu de signer que moyennant l’acceptation de leur idée d’instaurer un système d’échange de droits d’émissions, ce qui n’a pas empêcher plus tard le gouvernement de Bush de dénoncer le protocole de Kyoto. Aujourd’hui, certains ont voulu passer l’éponge sur Kyoto et trouver des circonstance atténuantes à Barack Obama, arguant qu’il est pieds et points liés par le Congrès dont l’ordre du jour n’est pas, nous dit-on, compatible avec la rencontre de Copenhague.

    Le comble est de voir se présenter le président Obama les mains vides, mais en sauveur du sommet, alors que son pays a été le frein principal à un accord acceptable par tous. Après son net désengagement vis-à-vis du problème israélo-palestinien et son manque d’engagement à Copenhague, on peut légitimement se poser la question de la pertinence de lui avoir attribué le prix Nobel de la paix. En 2005, quand l’ouragan Katrina a frappé de plein fouet la Nouvelle-Orléans, les Américains se sont brutalement rendu compte que la force politique, économique, militaire et financière de leur pays est insignifiante devant celle de la nature. Même si le lien entre les changements climatiques et la nouvelle force des ouragans qui s’étalent de juin à novembre n’est pas encore scientifiquement établi, un ouragan de force 5 avant la tenue du sommet «Conferences Of The Parties» (COP16) de Mexico 2010 est de nature à rappeler aux élus américains que, à l’image des autres Terriens, ils ont aussi des obligations envers la planète Terre.

    La Chine

    Si Copenhague n’a pas débouché sur des résultats tangibles, c’est aussi en raison de la nouvelle rivalité entre pays riches et pays émergents, communément appelés pays du BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine).

    Avec 22 % du total mondial, la Chine est désormais le premier émetteur de GES, et ses émissions causées par les combustibles fossiles (pétrole, gaz et surtout charbon, qui compte pour 80 % de l’approvisionnement énergétique de son économie) ont été multipliées par trois depuis 1990, contribuant ainsi à la moitié de la croissance des émissions mondiales de carbone.

    De par son statut de PVD, à Kyoto, la Chine n’a été soumise à aucune obligation dans la lutte contre les changements climatiques. Bien plus, grâce à sa politique volontariste, ce pays a attiré la majorité des investissements dans le cadre du «mécanisme de développement propre». Face à ses détracteurs, au demeurant de plus en plus nombreux à lui demander de maîtriser sa pollution, Pékin rétorque par son droit au développement, les efforts entrepris dans la décarbonisation de son économie et la responsabilité historique des pays industrialisés dans la dégradation de l’environnement.

    Aussi, la Chine est fondamentalement opposée à la taxe sur le carbone et a proposé cette année que la comptabilité des émissions carboniques se fasse sur la base du lieu de consommation des produits et non sur celui de la production. En fait, à travers cette argumentation, la Chine entend rester en dehors de tout traité international contraignant, y compris la vérification de la réduction de son intensité carbonique. Pour maintenir son statut, la Chine s’est constamment alignée sur les PVD, alors que certains parmi ces derniers comptent sur son poids économicopolitique pour défendre leurs intérêts dans la géopolitique du climat.

    Mais, à terme, la situation chinoise semble intenable, même si elle est plus défendable que celle des États-Unis. Dans un effort mondial de réduction des émissions de GES, la croissance faramineuse des émissions chinoises annulera automatiquement tout effort commun des autres pays. Aujourd’hui, la Chine, qui construit une centrale thermique au charbon de 1000 mégawatts (MW) chaque semaine, ne peut plus se cacher derrière les jupons des PVD, surtout que sa compréhension du principe de responsabilité commune mais différenciée est étriquée.

    Ce principe, mis de l’avant lors de la négociation de Kyoto, avait pour noble objectif de donner un répit supplémentaire aux économies émergentes, avant de leur demander une contribution pour la réduction de leurs émissions dans ce qui allait suivre dans le post-Kyoto. Le propos ici est également de faire comprendre que la plus grande menace au développement économique des pays émergents ne réside pas tant dans la limitation de leur croissance économique, mais dans le dérèglement climatique. La Chine compte déjà 13 des 20 villes les plus polluées dans le monde, la désertification et les pluies acides sont des problèmes réels et le pays ne peut plus préserver la situation avantageuse dont il bénéficie grâce au protocole de Kyoto. Une superpuissance a également des devoirs.

    L’Union européenne

    Le grand perdant à Copenhague a été l’Union européenne (UE), incapable de peser sur les négociations et qui est rentrée dans le rang, arguant à l’arrivée qu’un mauvais accord est meilleur que pas d’accord. Pourtant, avec sa politique volontariste de réduire d’au moins 20 % ses émissions en 2020, elle apparaissait comme la locomotive et le médiateur parfait. Le front commun que l’UE a essayé de constituer, avec quelques pays émergents et quelques pays pauvres, n’a pas résisté à l’épreuve du terrain et au triumvirat États-Unis-Chine-Inde.

    Aussi, l’effort de réduire sa pollution de 20 % est nettement moins ambitieux qu’il ne paraît de prime abord: la moitié du chemin est déjà faite, car l’UE bénéficie de la décarbonisation massive de ses membres issus de l’ex-bloc de l’Est. L’échec de l’Europe est aussi la conséquence de son manque de coordination et de la démarche en cavalier seul du président français, qui a mis de l’avant son plan justice-climat, au détriment du plan européen énergie-climat, donnant ainsi une énième preuve de son ego démesuré.

    Il serait malhonnête de reprocher à la France de vouloir des cibles substantielles de réduction des émissions de GES; bien plus, cela l’honore. Dans le même temps, le non-dit est que cela ne pourrait se faire sans un recours massif au nucléaire, une filière onéreuse et en nette perte de vitesse ces deux dernières décennies. Il est vrai que, à Kyoto, la filière nucléaire a été sortie par la porte, puisqu’elle n’a pas été reconnue comme une source d’énergie propre et renouvelable; dans les négociations post-Kyoto, certains essayent de la faire revenir par la fenêtre en la boostant sournoisement, contre vents et marées.

    Imbroglio canadien

    Si, par dérision, on dressait une liste des pays de l’«axe du mal écologique», le Canada va désormais figurer en position de tête, alors que le pays était, il n’y a pas encore longtemps, avant-gardiste dans la défense de l’environnement, comme l’atteste le Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Il faut dire que, depuis Janvier 2006, le pays est sous la gouvernance de conservateurs qui n’ont absolument rien à envier à l’obscurantiste Bush. En politique étrangère, c’est l’alignement total sur les États-Unis, avec même un zeste zèle, comme l’atteste le fait que le pays a été le premier au monde à couper les ponts avec les Palestiniens, qui venaient d’élire démocratiquement le Hamas.

    Dans le domaine de l’environnement, ce gouvernement se fait davantage le porte-voix des intérêts des compagnies pétrolières qui exploitent les sables bitumineux, un pétrole deux à trois fois plus polluant que le Brent habituel. Il faut ajouter que l’actuel premier ministre, Stephen Harper, a dit, du temps où il était dans l’opposition, que les changements climatiques étaient un complot socialiste, alors que la calotte polaire arctique se rétrécit et que la disparition de la banquise permanente au pôle Nord se fera dans un avenir à moyen terme.

    Mais le Canada est un pays démocratique, avec une société civile active, engagée et massivement présente à Copenhague pour faire entendre un autre son de cloche. Aussi, au grand dam d’Ottawa, le système fédéral a permis de faire entendre l’avis de l’opposition et des gouvernements provinciaux qui, à l’image du Québec, militent activement pour que le pays se donne un ambitieux programme de réduction de ses émissions de GES et prenne 1990 pour année de référence. Cette même société civile est en train de mobiliser la population pour que le Canada ne soit pas juste à la remorque des États-Unis et puisse retrouver son statut de nation respectée dans les instances internationales.

    Cap sur Mexico

    Les pays industrialisés sont responsables de la quasi-totalité des émissions de GES qui stagnent dans l’atmosphère, causant un dérèglement climatique auquel les PVD sont les plus vulnérables. De ce fait, la «dette climatique» à l’égard des PVD n’est pas de l’aumône, mais un dû, surtout que les experts sont aujourd’hui en mesure de quantifier en termes monétaires les dommages irréversibles causés à l’environnement. Aux dernières nouvelles, il semble que les PVD ne sont pas contents des résultats de la rencontre de Copenhague et ils l’ont fait savoir.

    C’est plus que légitime, sachant qu’ils ne sont pas responsables des changements climatiques attendus, alors qu’ils vont en subir le plus grand préjudice. Ces pays peuvent compter sur l’appui des experts, des tribunaux et de la société civile des pays développés pour obtenir des compensations. Pour que la démarche soit crédible, il est approprié que les gouvernements de ces PVD libèrent leur propre société civile du joug dans lequel ils la maintiennent. En Attendant, il est nécessaire que les PVD puissent trouver leur propre voie et méditer leurs alliances passées, que ce soit avec les Chinois ou d’autres. La question est avant tout économique: Les Américains défendent leurs intérêts propres, l’UE et les pays émergents en font tout autant. La leçon peut être apprise par les pays en de développement. Rendez-vous pour cela à Mexico en 2010.

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    Par Mohamed Benhaddadi
    www.ledevoir.com/environnement/climat/280108/copenhague-la-montagne-accouche-d-une-souris


    *) … Mohamed Benhaddadi, Ph.D en génie électrique, est professeur associé à l’École Polytechnique de Montréal et expert en énergie. A ce titre, il est impliqué dans le débat sur l’énergie au Québec (Canada) par des interventions au sein de la Régie de l’Énergie du Québec et en Commission Parlementaire sur l’Énergie. M. Benhaddadi est l’auteur de plusieurs travaux dans le domaine de l’énergie et des entraînements électriques. Son domaine d’interêt couvre également l’économie d’énergie et l’environnement. Son dernier livre paru en 2008, s’intitule Dilemmes énergétiques.