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    La technologie électronucléaire: état des lieux en 2008 et perspectives 2030

    February 14th, 2010

    L’énergie électrique est nécessaire pour faire face aux challenges du développement comme la pauvreté, la faim, la santé et l’environnement. L’énergie électrique est donc essentielle au développement humain.

    Le déséquilibre énergétique global est pourtant un fait. Par exemple plus de 1.6 milliards d’êtres vivent sans électricité; et plus de 2.4 milliards, notamment dans les pays en voie de développement (PVD), couvrent leurs besoins énergétiques à partir de la biomasse traditionnelle. En plus, la population[1] augmente rapidement dans ces pays. Une demande dramatique en énergie, spécialement dans les PVD, est donc logiquement à attendre pour les prochaines décennies.
    A ces faits s’ajoute la possibilité du réchauffement global par l’augmentation anthropogénique des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce tableau constitue une batterie de challenges globaux pour l’humanité, qui doivent être surmontés.
    La principale source des GES, en particulier le carbone dioxyde (CO2), est le cycle de transformation de combustibles fossiles en énergie par le secteur énergétique.
    Une réduction de ces émissions globales est nécessaire sur les quelques décennies prochaines pour stabiliser la teneur des GES dans l’atmosphère à un niveau tel que l’augmentation de la température globale moyenne annuelle sur la surface de la terre n’excède pas 2.5 °C, comparer au niveau préindustriel. Pour obtenir cette réduction significative des GES un changement significatif dans le comportement du consommateur et l’usage d’énergies de sources propres devront être opérés.
    L’énergie nucléaire est potentiellement fiable, durable et possède un vaste champs d’applications[2]. Les centrales nucléaires produisent une quantité marginale de GES pendant leur cycle total de service opérationnel. Pour cela, l’énergie nucléaire pacifique est une option importante pour les stratégies futures de réduction des GES.

    L’électronucléaire aujourd’hui

    438 réacteurs, avec une puissance totale fournie de 372 GW(e)[3], étaient en opération dans le monde en fin 2008, voir tableau ci-dessous. Cette puissance totale fournie correspond à une part de 14% dans la capacité totale de l’énergie électrique mondiale exploitée en 2008.


    Tableau 1: Réacteurs en opérations dans le monde en 2008. Source: IAEA.
    *) … 14 % est le ratio part totale mondiale d’énergie nucléaire (soit 2597,8 TWh), énergie totale mondiale (soit 18514 TWh) en 2008

    Changements en 2009 par rapport au Tableau 1

    – Construction initiée pour 12 nouveaux réacteurs (10 en Chine, 1 en Slovaquie, 1 en Corée du Sud) d’une puissance totale de 12975 kW(e)
    – 2 réacteurs (1 au Japon, 1 en Lituanie) ont été fermé

    Statut actuel du nucléaire

    – 436 réacteurs en opération (puissance totale installée 370934 MW(e)
    – 56 réacteurs en construction (puissance totale 51900 MW(e)
    – 5 réacteurs seront à long terme fermés.

    Remarques sur le tableau 1

    Les pays détenteurs du nucléaire pacifique dépendent fortement de cette filière pour leur approvisionnement en énergie électrique. Cette dépendance se situe entre environ 14 % pour la Grande Bretagne à 76 % pour la France. Mais ces pays font aussi de remarquables efforts pour la conscientisation de leurs populations sur les problématiques de l’environnement. Ils investissent également massivement dans les technologies «vertes». Autant dire quand même que vu cette forte dépendance du nucléaire aucun de ces pays ne peut se payer le luxe, même à moyen terme, de renoncer à l’énergie nucléaire pour la faire remplacer avec les énergies renouvelables.

    Les perspectives pour 2030

    La demande mondiale d’énergie, voir les raisons ci-haut, en particulier l’énergie électrique accroîtra fortement d’ici 2030. Conséquemment, la part de l’énergie nucléaire dans le volume total mondial d’énergie électrique (sauf en Europe de l’Ouest) augmentera, selon l’IAEA, voir Tableau 2, ci-dessous. Ce tableau présente des estimations d’augmentations faibles et fortes de l’énergie nucléaire pour compenser des incertitudes associées au futur.
    Compte tenu des raisons économiques et financières, de réduction des émissions de GES, de coûts, etc. une stratégie future énergétique doit raisonnablement considérer
    l’option énergétique mixte. De ce point de vue, toutes les sources d’énergie à notre disposition, y compris l’uranium, raisonnablement exploitables, doivent être utilisées. Dans ce scenario de choix pour l’énergie mixte, l’option de l’énergie nucléaire ne pourra pas, même à moyen terme, être écartée dans notre approvisionnement en énergie électrique.


    Tableau 2: estimation de la part de l’énergie nucléaire dans le volume total de puissance électrique mondiale installée en 2030. Source: IAEA. Ces estimations prennent en compte l’option de fermeture de vieilles centrales nucléaires d’ici 2030.

    Part du nucléaire (en pourcentage) dans l’approvisionnement en électricité en 2008 et 2030

    Diagramme 1: estimation de la part du nucléaire électrique dans la demande totale mondiale en électricité en 2030, en pourcentage et par groupe de pays. Source: IAEA

    Acceptation publique du nucléaire

    En 2005 l’IAEA a effectué un sondage (Global Public Opinion on Nulear Issues and the IAEA) dans 18 pays sur le nucléaire. Voir une partie de ces résultats dans le Diagramme 2 ci-dessous. Il en ressort que l’opinion dans ces pays accepte globalement le rôle important que joue le nucléaire dans les domaines de l’approvisionnement en électricité, son application dans la médecine et son impact positif dans la protection de l’environnement.

    Diagramme 2: sondage de l’IAEA sur l’acceptation du nucléaire dans 18 pays, 2005. Source: IAEA

    Les coûts par kW(e) du nucléaire électrique

    Selon l’IAEA, dans son étude «climate change and nuclear power 2008» le kW(e) du nucléaire (overnight costs[4]) se situait entre 1500 $US et 6000 $US en 2008. Et pour la même année les coûts totaux d’investissement se chiffraient entre 2000 $US et 8000 $US le kW(e). Cette même étude révèle qu’entre 2005 et 2008, pratiquement les coûts du kW de tous les autres types de génération d’énergie électrique (exception faite du solaire, pour raison d’optimisations techniques remarquables dans ce domaine), pas seulement du nucléaire, ont doublé. Les coûts élevés du capital dans le nucléaire et la longue durée de sa phase de projet constituent sans doute des obstacles aux investissements dans ce domaine. Mais une fois qu’une centrale nucléaire est construite, elle est remarquablement compétitive.

    L’afrique et l’énergie nucléaire

    L’Afrique reste à la traine dans le domaine du nucléaire, voir les statistiques ci-haut. C’est quand même un paradoxe que les centrales nucléaires françaises (76,2 % de l’énergie électrique en France est d’origine nucléaire, voir Tableau 1, ci-haut), majoritairement, tournent avec l’uranium africain du Niger, mais que jusqu’à aujourd’hui seulement deux (2) réacteurs commerciaux en Afrique du Sud sont en opération. Mais l’intérêt en Afrique pour cette technologie de pointe s’est dramatiquement renforcé ces dernières années. Les pays comme l’Egypte, le Nigéria, l’Ouganda, le Kenya, le Sénégal, le Niger, la Namibie, etc. ont récemment concrètement manifesté leur intérêt pour la filière du nucléaire pacifique. Quelques raisons pour cela voir ici. En plus, une Autorité de Régulation Nucléaire (Forum of Nuclear Regulatory Bodies in Africa, FNRBA) en Afrique vient de naître le 17 Décembre 2009 au Cap en Afrique du Sud.


    [1] … voir ici: www.e-tech-blog.com/la-croissance-de-la-population-mondiale-1970-2050#more-188
    [2] … voir ici:
    www.e-tech-blog.com/la-renaissance-de-lelectronucleaire#more-2528
    [3] … lire Gigawatt (électrique), 1 Gigawatt (électrique) = 109 Watt
    [4] … overnight costs excluent l’intérêt, la finance et l’escalade des coûts pendant la phase de construction, comme si la centrale avait été construite pendant une nuit. Les coûts d’escalade prennent en compte l’augmentation des prix pendant la phase de construction de la centrale. Ces coûts ne doivent pas être confondus avec les coûts imprévus.