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    La soif de la Chine pour les matières: les implications pour l’Afrique et l’Amérique Latine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La demande de la Chine en matières premières restera vertigineuse pour les quinze prochaines années. Ce pays importe principalement le pétrole brut et des minerais. L’augmentation des revenus et la rareté des surfaces agricoles fertiles accentueront la demande chinoise en produits agricoles. Selon un récent modèle de prévision pour la demande d’importation de la Chine de la Deutsche Bank Research China’s commodity hunger - Implication for Africa and Latin America, 2006, la demande de la Chine, pour la plus part des matières premières, s’accroîtra à deux (2) chiffres d’ici 2020.

    L’Amérique Latine et l’Afrique continueront à profiter de cette demande chinoise en matières premières sans cesse en croissance. Les interdépendances commerciales de ces deux (2) régions du monde avec la Chine sont devenues de plus en plus étroites ces dernières décennies. Les importations chinoises d’Amérique Latine ont doublé, pendant que celles d’Afrique se sont quadruplées. La Chine achète principalement le pétrole brut et les métaux en Afrique, pendant qu’elle se ravitaille en produits agricoles en Amérique Latine.

    De gros investissements chinois dans le secteur des matières premières sont attendus dans ces deux (2) régions à l’avenir. Les entreprises chinoises ont renforcé leurs activités d’investissements à l’étranger. Les facteurs déterminants dans ces considérations sont politiques, économiques et stratégiques. Seulement 1 - 2 % des investissements étrangers de la Chine (sans «Round-tripping»)*] sont partis en Amérique Latine et en Afrique en 2006. Mais à long terme cette part augmentera substantiellement.

    Les revenus en termes de bénéfices doivent être cependant judicieusement bien investis. Les pays d’Amérique Latine et d’Afrique devront bien investir les plus-values qu’ils tirent du commerce des matières premières avec la Chine pour développer leurs industries et services pour durablement générer la croissance économique.
    Les principaux partenaires de la Chine en Afrique et Amérique Latine dans le secteur des matières premières, voir Tableau 1.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Depuis le début des reformes et d’ouverture politique dès la fin des années 1970 l’interdépendance du commerce global de la Chine avec les économies étrangères n’a cessé de se renforcer. Depuis peu la Chine a ravis au Japon le troisième rang mondial  comme grande nation commerciale. en même temps la Chine a gagné en poids dans le commerce international des matières premières. La percée industrielle et la progression du niveau de vie sont les moteurs de la croissance rapide de la demande chinoise en matières premières. De plus en plus, ce fait, de façon significative, se fait peser sur les cours mondiaux des matières premières et dans les régions riches en matières premières particulièrement l’Afrique et l’Amérique Latine.

    La demande chinoise en matières premières 2006 - 2020

    Les importations chinoises des matières premières des vingt dernières années ont été multiplié par vingt et augmenté d’environ 200 milliards de US$ en 2006. Le pétrole brut, les métaux et les matières plastiques sont en tête de la liste des achats. Les dix (10) matières premières ont totalisé 40 % de l’importation totale chinoise en 2004, voir Tableau 2.


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La faim immense de la Chine pour les matières premières reste insatisfaite, voir Tableau 3.


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les implications de la demande vertigineuse de la Chine en matières premières pour l’Afrique et l’Amérique Latine

    L’Afrique et l’Amérique Latine sont immensément riches en matières premières, particulièrement en minerais métalliques et pétrole, voir Diagramme 1: les dix (10) produits importants sur la liste des échanges commerciaux Chine - Afrique. Beaucoup de pays latino-américains ont, en plus, un secteur agricole large et compétitif. Conséquemment, les deux (2) régions sont donc de nature à idéalement satisfaire les énormes besoins en matières premières de la Chine. Aussi, à l’avenir l’Afrique et l’Amérique Latine seront les plus grands bénéficiaires de la grande faim chinoise des matières premières, en particulier les pays exportateurs de pétrole et de minerais, mais les producteurs agraires devront aussi en profiter. En outre les plus-values sur les investissements chinois coulent en Afrique et Amérique Latine.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La Chine achète de plus en plus en Afrique

    Pendant que les 2/3 des importations chinoises proviennent de l’Asie, elles augmentent rapidement en provenance de l’Afrique et l’Amérique Latine (respectivement 3 % et 4 % en 2004). Le bilan des échanges commerciaux de la Chine avec l’Afrique passe de 42 milliards US$ en 2005 (3ème rang mondial pour les échanges commerciaux avec l’Afrique après la France et les Etats-Unis) à 114 milliards de US$ en 2010 (la Chine est désormais premier partenaire commercial de l’Afrique dans le monde).

    La valeur totale des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont augmenté de 45 % de 2007 à 2008 soit environ 106 milliards de US$. Les importations de l’Afrique provenant de la Chine se sont accrues de 54 %, pendant que les exportations de la Chine vers l’Afrique ont atteint 36 % entre 2007 et 2008, voir Diagramme 2: Evolution des échanges commerciaux Chine - Afrique.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les investissements et les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique sont déjà aujourd’hui assez importants. Ils se renforceront substantiellement les décennies à venir. Il est à noter que le phénomène chinois appeler «Round-tripping», qui consiste au fait que l’argent des entreprises chinoises est déposé dans les paradis fiscaux étrangers pour bénéficier des avantages fiscaux, retourne en forme d’investissements directs en Chine, falsifiant le bilan des échanges commerciaux de la Chine avec notamment l’Afrique. Le Round-tripping favorise plutôt la sous-région asiatique.

    La Chine a développé une stratégie de commerce appelée «Go-Out» ou «Going-Global», qui garantie l’aide active du gouvernement chinois dans la motivation des entreprises chinoises à investir à l’étranger. Les entreprises chinoises ont massivement suivi cet appel. En 2006, 700 entreprises chinoises se sont engagées en Afrique, voir Diagramme 3: Principaux pays africains partenaires de la Chine.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les fonds de cette stratégie sont:

    1. Raisons économiques: amélioration de la sécurité énergétique et sécurisation des sources de matières premières, accès aux marchés et valeurs stratégiques. Les valeurs stratégiques sont les compétences de diriger, les marques ou les réseaux de distribution.

    2. les intentions politiques: la reconnaissance officielle de la Chine comme «économie de marché» par ses partenaires commerciaux tout en gardant le «principe de spécificité chinoise»

    3. Les objectifs stratégiques: précurseur de la Chine comme puissance économique mondiale. Avec un succès croissant la Chine veut être reconnue comme acteur important dans le concert des nations. Les implications commerciales de la Chine servent comme moyen pour arriver à ce but. En outre la Chine soutient la thèse d’un monde multipolaire pour contrer la dominance américaine sur le monde.

    La croissance économique s’accélère en Afrique, voir Diagramme 4 (revenu par habitant).  Une conséquence est la progression notable des exportations vers la Chine. A moyen terme les investissements dans les infrastructures, l’éducation et l’emploi et les reformes institutionnelles devront bénéficier des plus-values sur le boom des matières premières pour déclencher un cycle de développement durable ayant un potentiel de diminution substantielle de la pauvreté en Afrique.
    Mais il est à souligner que les africains, dès maintenant, doivent éviter de tomber dans les erreurs commises par le passé dans leurs relations avec les occidentaux et insister sur le principe du «win-win» dans leurs relations multiformes avec la Chine. C’est ainsi que dans tous les cas les africains doivent activement mettre en place en Afrique des infrastructures en terme de chaines de transformation des matières premières.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En tout cas la Chine a une soif presque insatiable des matières premières et l’Afrique et l’Amérique Latine demeurent ses partenaires naturels.


    Round-Tripping, c’est quand les fonds des entreprises chinoises sont déposés dans des comptes dans les paradis fiscaux étrangers, et ceux-ci en forme d’investissements directs retournent en Chine, en jouissant de cette façon des avantages fiscaux que les investissements directs bénéficient)

    Sources:

    Deutsche Bank Research
    UNSTATS

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